20 juin 2007

Hot train

Aller-retour Paris hier…
Rendez-vous station Louvre/ Rivoli m’a-t-on indiqué. Soit.
Je n’arriverai jamais à me faire à la vie souterraine là-bas. Et pourtant, ce n’était pas les heures de pointe…
Chaleur suffocante, moiteur des corps, yeux hagards, silence pesant… la terre a englouti les esprits, il ne reste que des zombies… j’en faisais partie.
Les portes se referment, l’enfer commence. Barre humide et fuyante, mèches collées, parfums lourds mélangés qui restent en apesanteur pour mieux s’imprégner dans mes pores, j’ai le cœur qui flanche.
Les stations défilent, plus que 5… A chaque ouverture des portes, un air encore plus chaud s’engouffre et continue son méticuleux travail de sape. Un type me dévisage, je crois lire dans ses pensées « doit pas être du coin celle-là ! »… Les touristes étrangers, dans le métro, on les repère, les provinciaux aussi.
Pas grave, le ridicule n’a jamais tué personne… je continue d’avoir les yeux rivés sur le panneau qui me promet la délivrance : le prochain arrêt est le bon.
Je sors de ce gros vers baveux et visqueux en apnée. Les escaliers, vite !

Dehors, la lumière du soleil de midi m’éblouit, mes alvéoles peuvent se redéployer, mes neurones se reconnecter, mon rythme cardiaque s‘apaiser : Paris, je t’aime, mais en surface…

11 commentaires:

Lou a dit…

Tu comprendras surement mon envie de quitter Paris
Après 3 ans je n'arrive toujours pas à me faire à ce genre de choses

raumine a dit…

après une longue absence, je reviens lire ton blog. Ton dernier commentaire est exactement ce que j'ai ressenti il y a deux semaines car j'ai fais aussi un parcours dasn ce "gros vers baveux" que je n'avais pas pris depusi plus de 10 ans. Ils vivent comme des rats et quand on vient de la campagne, c'est pesant de se sentir pris au piège de ces couloirs envahis de "zombies" qui vous regardent comme si vous étiez une proie.Il est vrai que nous sommes différents et que cela se voit car ils font tous la "gueule", masque emblématique de ces rats. Tous n'ont pas le choix, c'est clair, de vivre ainsi et c'est bien dommage pour les enfants qui doivent aller au salon de l'agricukture pour voir une poule ou un cochon, alors que leur univers n'est fait que de noir, de couloir sans fin, de lumière artificielle. Mais chacun nous sommes tous égaux parait il !!!

Laurent a dit…

Tout ça me fait penser à mes quelques années à Paris !
La sensation que la vie s'arrête en entrant dans le métro; une autre vie, une autre ville !
Une forme d'angoisse, de crainte, d'odeur, d'enfermé, ... la sensation d'étouffer !
Ouf ! Vive la province ! :-)

Bridget a dit…

@Lou :
Et justement, alors, tu en es où de tes projets pour la rentrée ? Tu as trouvé une solution ? Bonne fête de la musique à toi la musicienne !!

@raumine :
Tu y vas un peu fort tout de même... le terme "rats" est particulièrement choquant dans ton comm. L'univers des parisiens ne se cantonne pas au métro !!! Cette note était le ressenti très personnel d'un instant, pour quelqu'un comme moi qui n'a pas l'habitude de cette situation.
Il n'y avait en aucun cas de jugement sur leur façon d'être ou de vivre, d'autant que comme tu le soulignes, tous n'ont pas toujours le choix.

@Laurent :
Une autre vie, une autre ville, oui, c'est ça. Je suis toujours sidérée de voir aussi les boutiques installées dans cet univers ! Provinciale, jusqu'au bout.. :-)


Bonne soirée de la musique à tous si vous avez l'occasion de la fêter :-) !!

Koryfée a dit…

Koryfée, le retour !

Koryfée a dit…

Non, ce n'est pas un gag et pourtant : hier, j'ai posté un commentaire, et il s'est évanoui dans les limbes internautes. Ce matin, je récidive, et mon message s'envole avant que ma plume n'ait sillonné le ciel de cet écran. Jamais 2 sans 3, Koryfée, au péril de sa vie, affronte à nouveau les éléments pour arriver jusqu'à vous, Bridget ;-)
Je suis exilée de ma Bretgane natale à Paris depuis près de 11 ans (ciel, déjà ! Je viens de prendre 10 cheveux blancs d'un coup !), et je ne m'y fais guère. Ces visages fermés (ont-ils tous été opérés du sourire ?), ces métros bondés, ces fragrances exquises de pots d'échappement auxquelles il est impossible d'échapper, l'indifférence générale, la course après le temps, voilà quelques élements du cocktail parisien qui m'insupportent. Aussi, dès que je le peux, je fuis le métro et chevauche à travers la capitale sur la monture de mes jambes, me gorgeant de lumière, de verdure (quelques rares îlots), me laissant bercer par les flots de la Seine. Un ersatz assez médiocre mais qui me permet de tenir.
Donc à la lecture de votre note,je dois dire que je vous comprends !

denis_m a dit…

Je le prend plus, je suis en scooter maintenant, et si je dois me déplacer avec ma fille, je prend le bus, je te comprend !!!

Bruno a dit…

Même en surface , Paris me fait peur! J'espère que jamais je ne quitterai mon petit village de 500 âmes et de quelques milliers d'oiseaux qui me réveillent le matin. Quel bonheur!

yoyostereo™ a dit…

le metro… j'adore car je lui doit de nombreuses heures d electures, pour les quelles je laisse le velo au garage… une demi heure de metro pour aller au boulot… et des pages et des pages dévorées…
sinon je ne me lasse pas de paris, et j'aime autant la province, même si je vis a paris…

Bridget a dit…

@Koryfée :
Heureuse de constater que ta perséverance soit venue à bout des caprices des ondes et de la machine !
Les bords de Seine, le Jardin du Luxembourg, St Germain et les 1001 endroits qui font tout le charme de notre capitale valent bien quelques sacrifices en effet ;-)

@Denis_m :
comme quoi, à tout problème, une solution ;-)...Et au passage, bravo pour le bon démarrage de Fragile(s) !

@Bruno :
Je pense qu'il me plairait bien ton village :-)... Rdv pour les 11 ans...

@Yoyostereo :
C'est vrai que vu comme ça, le métro a ses avantages ! Une petite bulle d'évasion rien qu'à toi et le trajet n'a déjà plus la même couleur... Je te rassure, à part le métro, j'adore autant Paris que ma province :-)

Lou a dit…

"Le métro a ceci de joli qu'on y voit le jour comme en pleine nuit"

C'est une vision des choses...
mais sans ses odeurs, le stress ambiant, sa chaleur lourde... on y serait bien mieux pour bouquiner

Pour mes projets, rien de nouveau, je crois que Paris va me coller encore à la peau un moment, car ce n'est pas simple de trouver un emploi en province. Cet été sera surement déterminant