8 nov. 2007

Danse avec les fous

Tu y vas, tu y cours même.
Résolu à ne rien voir, tu fermes les yeux, prêt à faire le grand saut.
Tu retiens ton souffle et penses à ta mère. Où est-elle d’ailleurs celle-là ? Pourquoi ne te tient-elle pas la main ? Tu n’as jamais pu compter sur elle, tu le sais. Pourquoi cela serait-il différent maintenant ? D’ailleurs, maintenant, c’est trop tard.
Tu n’attends plus rien, de personne.
Solitude absolue. Enfermement intérieur total.
Prisonnier de tes questions et esclave de tes certitudes. Tu vomis ce monde comme il t’a avalé.

Tu tournes sur toi-même jusqu’à t’effondrer, te confondre avec le bitume.
Chaleur insoutenable et froid simultané. Celui de tes os, de ta chair, de ton sang qui se répand. L’épilogue est long, beaucoup trop long. Tu voudrais que ça s’arrête, tu ne l’avais pas prévu comme ça. Tu pensais pourtant avoir tout écrit, tout décidé. Là aussi, tu t’es trompé.
Les doutes t’envahissent à nouveau. La peur et un cri silencieux.

Tu renais dans ton dernier souffle. Les autres ne le sauront jamais.

3 commentaires:

Bridget a dit…

En écoutant les news sur cette tuerie sans nom, là-haut, en Scandinavie, je me demandais juste ce que ce gamin avait pu se dire, ce qui avait pu lui traverser l'esprit, au dernier moment, en retournant son arme contre lui.

Anonyme a dit…

Je vois qu etu as recommençé à écrire, c'est bien, j'aime bien lire tes tournures et tes pensées. Le 5 novembre aussi , j'ai fété une année de plus avec mes doubles twins. à bientôt

Bridget a dit…

@P. :
Oui, j'ai repris mon journal de bord :-)
C'est vrai qu'elles sont nées le même jour, j'espère que vous en avez bien profité également et que ta vie se reconstruit peu à peu. A bientôt.