29 août 2010

Attention, danger

Sur l’asphalte. Une nuit d’été lourde et pluvieuse. Un tapis sombre et ruisselant qui se déroule, m’entraînant toujours un peu plus loin, un peu plus vite.
J’évite les secousses, zigzague sous les gouttes.

Il est tard, la lune est fatiguée. Elle s’est endormie sous son épais duvet nuageux, me laissant seule sous les éclairs.

Je souris malgré moi en entendant cette chanson qui sort des enceintes saturées, le volume au maximum pour couvrir la colère du ciel et me rassurer. Seul lien avec la vie ailleurs.

Les kilomètres s’enchaînent et me déroutent. Je ne me suis jamais sentie aussi libre et consciente qu’enfermée dans ces parois d’acier.

Le ciel se fait plus noir, les cordes d’eau plus épaisses. Je navigue à l’aveugle et glisse sur ce miroir sans tain qui peut se briser au moindre coup de frein. La musique s’emballe.

J’aime cette solitude nocturne, cette sensation dangereuse que ma vie dépend à ce moment même de cette ligne blanche à ne pas franchir, de ces pièges à éviter. Cette impression que le monde autour se dérobe, qu’il fond et s’aplatit, englouti par la vitesse.

Je ne suis plus sûre de vouloir rentrer. L’envie de prolonger cette contradiction est plus forte. Suivre ma déraison. Garder un temps encore cette certitude d’être à ma place. Un atome en mouvement à la surface de cette terre désertée, sans repère ni destination précise, quelque part dans l’univers.

11 commentaires:

eipho a dit…

Salut l'amie,
j'aime beaucoup

Bridget a dit…

Merci Eipho ! C'est sympa d'avoir un mot de toi ici : j'espère que tu vas bien ! A bientôt :)

Mr SuperOlive a dit…

Hello, c'est très joli, j'aime beaucoup ce texte!
à bientôt

raumine a dit…

bjr
depuis le temps que je n'ai pas mis les pieds sur ton blog !
toujours aussi beau à lire !
à bientôt
ph

Bridget a dit…

Merci beaucoup à vous pour vos mots laissés ici, ça me touche...

Cephee a dit…

dompteuse de l'instant en 'suspends' ....

caramel a dit…

L'instant où tout peut basculer, où la pensée se perd et chavire, vous grise et vous envoûte, perdre enfin le contrôle, laisser faire, jouer sa vie sur le fil, la ligne blanche de la raison envolée...qui n'y a pas pensé une fois dans sa vie, comme le chantait Barbara, "la raison est entrée, j'ai demandé qu'elle sorte", seulement la vie ne se joue pas à pile où face, et c'est sans doute heureux, sans doute;-)j'aime et comprends tes mots, je me suis vue instantanément dans le décors. Bises à toi. Contente de te retrouver ailleurs que sur facebook!

Anonyme a dit…

"rentrer"?
N'est-ce pas s'enfermer un peu quand tout est ailleurs, insaisissable?

Bridget a dit…

Caramel : tu es toujours ici quand j'y repasse, merci !

Anonyme : ailleurs peut être aussi à l'intérieur :)

Bridget a dit…

Céphée : touchée, merci <3 !

Damien a dit…

Joli trouble peint avec une maîtrise palpable de la tension. Très belle écriture !