6 août 2011

Rang des Vous

Ils sont alignés et bien sages, défilant sous mes yeux étonnés et
timides.
A portée de ma vie, distants sans vraiment l'être...
Ma main les fait valser, je touche leur visage, des caresses
virtuelles sur des peaux émaillées ou ridées.
Un arrêt appuyé, une interrogation furtive : et si vous étiez là,
comment m'y prendrais-je, que me demanderiez-vous ?
Un mot laissé au hasard, une impression de soi, dans la multitude des
signes, dans le couloir des noms.
Et puis un signal, un écho, une chanson qui resserrent les mailles et
créent une illusion.
On change les interfaces, toujours sous couverture, se livrant un peu
plus et se dénudant l'âme.
Des solitudes feintes aux fardeaux bien trop lourds, le jeu toujours
binaire réserve quelques surprises.
Alors les masques tombent, les chairs deviennent réelles, reprenant
leurs droits sur l'imagination.
Pour tromper nos angoisses, on s'allonge un instant sur le divan du
temps, le lit itinérant des souvenirs écarlates.
Les jours d'après s'étirent, sans manque sans frustration, le cœur n'a
pas vibré... le corps a ses raisons.
Combien de vous à venir, en rang ou en pagaille, pour reconnaitre et
atteindre l'ultime connexion ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

wow! juste wow! je vous avais quitté un peu il y a quelque temps mais je reviens avec bonheur pour y lire ces chefs d'oeuvre! Merci! Vraiment bon!
Maria

Damien a dit…

A chaque nouvelle lecture, de nouvelles sensations pour ce très beau texte, à la fois cruel et délicat. J'adore !