Tour à tour silencieuse, rayonnante, enivrante, rugissante, violente, déferlante...Mais toujours surprenante.
Jusqu'au bout.

27 mars 2008

Je de miroir

Penser se reconnaître et trouver quelqu’un d’autre
Se surprendre à sourire au reflet inconnu
Déjà apprivoisés, le cœur, les mains tendues
Une partie de cache-cache pour pimenter l’histoire
Puis effet volte-face, pirouette dérisoire
Inspecter les recoins de cette surface lisse
Embuer le décor, y dessiner un kiss
Tatouage éphémère, empreinte fugitive
Ne reste que le fantôme d’un baiser monochrome
Ses chaînes sont bien lourdes dans cette errance amère
Couvrant le bruit des autres et leurs foutues galères
La terre peut bien trembler, la souffrance est égoïste
Mur de béton armé, bunker anti-missiles
Humanité de paille, qui s’écroule dans un souffle
Palpitant en sommeil, anesthésié en boucle.

19 mars 2008

Antalgique

Crédit photo : Jean Boccacino Images



Aucun itinéraire, laisser la feuille de route
Arpenter le bitume en repoussant les doutes
Accueillir les hasards de ces rues qui se donnent
Avec leurs mille visages et leurs voix qui résonnent
Accepter l’insouciance pour quelques heures encore
Avant de regagner l’habituel décor
Admettre de se perdre dans quelque impasse sombre
Aux pavés ternis par le passage des ombres
Aimer chaque seconde de cette escapade
Aventure solitaire pour esprit en balade
Admirer les jardins dans la lumière d’hiver
Assise sur une valise les pieds dans la poussière
Allumer le regard de cette statue de bronze
Aux courbes déchirantes pleines d’espoirs et de songes
Accrocher un sourire aux branches nues des arbres
Avant de redescendre sur cet astre d’ivoire.

7 mars 2008

Plage déserte

Deux corps en déroute
Qui s’accrochent l’un à l’autre
Bouée inespérée
Dans les flots en tumulte
L’un s’agrippe, l’autre s’éloigne
Emporté par les vagues
Le ressac les sépare
La terre loin devant
Soulevés par le courant
Leurs forces abandonnées
Ils se laissent entraîner
Et échouent sur un banc
De sable d’amertume
Où écume et lichens
Enterrent leurs cœurs blessés
Sur cette plage déserte
Les deux corps se relèvent
Fantômes de l’aube pâle
Spectres déambulant
Sans boussole et voués
A errer dans ces dunes
Comme des chiens sans collier.