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Dites-leur

Dites-leur vos mots qui luttent, vos mots qui s’entrechoquent Déversez vos ardeurs, transpercez les d’un bloc Expression libre, sans cadre ni repère Des mots amour, des mots nouveaux, des mots amers Le cœur éclate, la langue dérape Une explosion verbale, pour vous sentir vivant Un champ de bataille sonore, des mots aux doigts d’argent Affûtés, délicats, tranchants ou audacieux Ils touchent, interrogent, ricochent Selon l’instant, la cible, le lieu Domptez la puissance et le chant envoûtant De ces lettres attachées qui font corps au présent Entrez dans la danse, laissez passer le flot Envoyez vos missives, vos petits et grands mots Il y aura des désastres, des ruines, des déçus Mais aussi des ivresses, des espoirs absolus.

Bises (redif de 2007)

Ce petit mot que tu me glisses avec malice du bout des lèvres Me fait toujours autant d’effet et tu le sais Délice, supplice, qu’on en finisse, laisse les venir sur mes joues lisses Qu’elles tourbillonnent, s’envolent et claquent, ces belles promises Qu’elles se déposent, tendres et exquises sur mes fossettes Qu’elles se déroulent et se répandent le long de mon cou en pirouettes Qu’elles tambourinent, forcent le passage Trouvent le chemin, percent le barrage Qu’elles me chavirent, me laissent repue De leur douceur, de tant, de plus…

Onde de choc

Il suffit parfois d'un presque rien, d'un mouvement imperceptible de l'univers, pour consumer tout ce que nous étions, ou croyions être, et devenir une entité nouvelle, un mutant ordinaire.  Où vont les illusions, les douces certitudes quand un regard perdu trouble nos latitudes ? Décalé, à côté, sans repères, vibrer, dans l’ombre, le souffle court, le cœur ouvert. Retrouver la fréquence, l’onde mise en sommeil, fixer dans cet instant la lumière du réveil. 

Mille feuilles

Image
Il se tient droit là devant moi, me fait de l’œil, m’appelle. Beau, fier et élégant, dans son costume de sucre glace lisse et bien coupé, à l’allure racée dont rien ne dépasse. Tentation suprême, désir incontrôlé et urgent à assouvir… je plonge ! A main nue et sans couverts, tremblante et craintive de la suite… L’approche est délicate et demande du doigté. La bouche ouverte appréhende le meilleur angle d’attaque. Les yeux se ferment au doux contact de cette matière devenue mouvante, vibrante et vivante au premier coup de dents. Plaisir et volupté, ma langue caresse tous ces flancs débordants et n’en laisse s’échapper aucune miette. Quelques bouchées plus tard, je contemple l’assiette vide et sourit à ce délice englouti, les yeux encore écarquillés de cet appétit retrouvé sur ce bout de carré sucré.

A bien y regarder

J’ai cru que je pourrais mettre une claque à mes peurs Les enterrer vivantes, jouer au nettoyeur Je les ai observées, les ai eu par surprise Certaine de ma toute puissance, sûre de mon emprise Je les ai caressées pour les amadouer Leur ai mis un collier pour les apprivoiser Une muselière et une laisse pour bien les contrôler Me suis vue invincible, forteresse édifiée Sur des sables mouvants, des marécages fumants Embourbée dans la vase des longs couloirs du temps Mes peurs ont bien compris que je n’en menais pas large Elles ont ri dans leurs dents, se sont mises à la page Petites bêtes insoumises révoltées de leur sort Retenues contre leur gré, emprisonnées à tort Comprenant mon manège, elles ont joué le jeu Guettant la moindre faille, un faux-pas, un aveu Les pensant sages et dociles, je ne me suis pas méfiée Leur rendant un peu plus chaque jour de leurs libertés Jusqu’au jour où flottant dans un semi-coma Elles se sont échappées et ont repris le...

Cent maux dire

Les silences déposés sur ce corps endormi, Quand le K.O. l’emporte au plus noir de la nuit Le chaos des pensées qui surgissent et explosent De rage ou d’amertume, juste limite overdose Les battements sourds et creux de ce coeur embrumé Qui raisonnent et percutent les murs de sa fierté Les frissons laissés vains sur la couche froide et dure Les reflets métalliques des mailles de cette armure Le tranchant de ce glaive aiguisé sur la pierre Planté d’une main assurée pour gagner quelle guerre ? La chair ensanglantée par ce rire de victoire La tête endommagée par ces rêves de gloire La folie passagère de vouloir emporter Ces maux comme un fardeau... et puis les libérer Les laisser devenir les souvenirs malhabiles D’un grain de sable au vent, silice en terres fragiles Ne retenir que l’écho éphémère et soyeux De la vague qui se retire pour laisser dans les yeux Une lueur, un éclat, une envie et le feu.

Plongeon

Sur un câble suspendu entre nos tours d’ivoire, j’avance en équilibre à pas feutrés. Un faux mouvement, un souffle trop lourd et c’est la chute. Autour de moi le vide, renvoyant en écho mes peurs artificielles, aspirant mes vertiges pour mieux les disséquer. La distance est réelle, l’envie irrésistible, de glisser sur l’acier et me brûler les doigts, de rougir de mon sang ce fil métallique, d’arriver chair et os jusqu’à ces barricades. Cette pensée s’évapore dans le ciel de mes doutes, comme bien d’autres avant elle m’avaient barré la route vers ces terres mystérieuses. Mes bras en balancier, je me fige immobile, en suspension dans l’air du temps, en retenue sur les jours qui défilent. Je me fabrique une passerelle d’illusions, les cordes y sont fragiles et le bois vermoulu, mais pour atteindre cette tour, je prendrais tous les risques. Celui de la laisser dans un tiroir secret, double fonds et cadenas, dont la clé a fondu dans le feu torride de mes souvenirs. Celui de la ga...

2008

Et je danse sur cette année passée, sur ses rires, sur ses claques. Je bouge et me déhanche au fil de ses images, rencontres, baisers, de ceux qu’il aurait fallu peut-être laisser. Le tempo s’emballe, la mélodie gémit, coups au cœur, chair à vif, les enceintes hurlent, ma tête aussi. D.J. de mes souvenirs, j’enchaîne et calme la piste, le pouls redescendu, place à la tendresse, à ces moments précieux, riches d’authenticité, vibrants dans ma mémoire. Refrains repris en chœur, chorégraphie unique, les rythmes se succèdent, variés, inattendus. Mes pieds martèlent le sol pour laisser une empreinte de tous ces jours vécus, preuves et témoins de mon histoire. Mes bras balaient ce temps et en appellent un autre, un nouvel air m’attend, je me rejette dans la danse, à cœur et corps perdus.

Des mots doux à ma vie

Bien sûr je t’aime, Même si parfois, tu m’ joues des tours, Tu t’ fous de moi… Tu me transportes, de cœur en cœur… Tu m’ouvres des portes, t’en fermes aussi… Tu restes là, dans mes malheurs, D’un air de dire : « C’est pas fini » ! Bien sûr je t’aime quand entre deux, Tu m’ donnes des ailes, tu mets le feu… Le feu qui brûle et qui dévore Ces petites bulles, ces heures en or… Instants précieux, moments magiques, Bénis des Dieux, douceur biblique… Mais oui je t’aime même si je sais, Qu’un jour ou l’autre tu t’ feras la belle, Pour me laisser de beaux souvenirs A emmener sur l’autre rive… Ne t’en fais pas, je n’ t’en veux pas C’est bien comme ça, c’est juste ta loi…

Un jour ou l'autre...

... ll faudra bien que je vous le dise. Même si ce n'est pas dans nos habitudes, même si je ne sais pas quand, je ne sais pas comment, même si il faut ranger cette pudeur au placard et l'enfermer à double-tour le temps d'un aveu ! On est con parfois, on pense mal, on croit que l’autre sait, que c’est évident, que ça se voit, que l’on a rien à prouver, que c’est naturel… Et un jour, on se prend une bonne claque, de celles qui marquent le bonhomme, qui laissent des traces, qui secouent, qui retournent ! Une incompréhension, une fêlure dans la carcasse, un fossé qui se creuse, un geste qui n’a pas été fait, un mot qui n’a pas été dit, un instant qui n’a pas été accordé, une attention qui n’a pas été portée, et on se retrouve assis par terre, la tête entre les mains, le coeur au bord du vide, le cerveau à l’envers, à se demander ce qui se passe… mais enfin, ils savent pourtant ? Couvés par le même ventre, soignés par les mêmes mains, portés et cajolés par les mêmes bras, grondé...

Si seulement je savais...

Comment te dire mon infinie reconnaissance de m’avoir sortie du néant et de m’avoir amenée jusqu’ici… de m’avoir appris beaucoup de ce que je sais et fait de moi une partie de ce que je suis… Comment te dire mon bonheur de t’avoir toujours près de moi pour me relever, me soutenir, me guider lorsque les tempêtes me jettent à terre… pour rire et te réjouir avec moi, avec nous, lorsque les vents sont propices… Comment te donner ce que tu attends sans renverser les rôles et en restant à ma place… Comment me faire pardonner pour tous ces coups, ces mots, ces guerres, futiles mais nécessaires… Comment te faire comprendre que la vie est belle, que ton histoire, que notre histoire n’est pas finie… Comment t’accompagner sur le chemin qu’il te reste encore à faire sans t’envahir… Comment te livrer mes états d’âme sans rajouter à ta mélancolie… Comment te faire partager mes coups de folie sans que tu n’aies peur… Comment te dire merci sans que tu ne pleures ?

(Re)Naissance

Il est l’heure… L’heure de sortir en apnée de ce tunnel sombre, sinueux et tellement trop étroit… L’heure d’aller voir dehors si j’y suis… l’heure de m’exposer à la lumière, de plisser les yeux, d’aller prendre un bon bol d’air frais, d’ouvrir toutes ces alvéoles une à une, d’un coup sec et violent, de pousser un cri sauvage et pur, le premier d’une longue série… L’heure de me déplier et de desserrer les poings… l’heure de couper ce cordon qui m’attache encore à tes entrailles… L’heure de téter goulûment la vie, de prendre un bon bain et d’enlever les restes de toi… L’heure de m’emmitoufler dans d’autres draps et de me blottir dans d’autres bras… L’heure de dormir dans un lit à barreaux tout neuf… L’heure d’entendre de nouvelles voix, d’être bercée par d’autres comptines, de voir d’autres regards, de sentir d’autres mains, de frôler d’autres lèvres, de m’asseoir sur d’autres genoux… L’heure de quitter l’avant pour mieux découvrir l’après… L'heure de réapprendre, L'heure de deve...