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Balayant le trottoir de mes souvenirs d’enfant De drôles d’images déboulent, le cœur a contre-champ Tous ces instants de vie, cette tendresse empilée Se fondent et s’entremêlent, dessinent ton portrait Il me faut rassembler d’aussi loin que possible Les notes de ta voix pour qu’elle ne s’éparpille Dans les dédales du temps et me laisse orpheline De cette grave douceur, de cette bienveillance Encore un jour étrange, une sensation de vide Rendez-vous ponctuels avec une ou deux rides Qui racontent notre histoire, ta vie et puis l’après Te garder en-dedans, l’écrire et puis danser.

Au nom du père

A la pointe du jour, quand le silence tranquille vient bercer tous mes rêves, faire disparaître mes peurs et mes colères, j’imagine ce voyage que l’on ferait encore. Un voyage enchanteur, dans la forêt des songes, des fantômes bienveillants. Il nous emmène tous deux, au coeur de nos souvenirs, reprend les chemins connus, nous berce de mille chansons. Les jours sont des secondes, les années des soleils, nous marchons côte à côte, remplis de feux ardents. Là les mots n’ont plus cours, ils flottent et disparaissent, ils laissent à nos sourires la place qu’ils méritent. Tu redeviens vivant, ton ombre sur le côté, je redeviens enfant et ma main dans la tienne, me voilà rassurée. Il y a sous le platane la liberté qui roule, l’avenir qui me regarde et toi qui me protège. 

"Au festin d'Halloween..."

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Passer à table, me dire que ta place est prise certes, mais qu'au fonds, elle est vide et que je ne m'y fais pas, que je ne m'y ferai jamais. Je sens toujours ta présence dans ces murs, cette présence rassurante, enveloppante, apaisante... Quand les doutes et les peurs m'assaillent, c'est ici que je me perds. Je m'installe à ton bureau, parmi tes livres, notes et papiers, gardés comme des reliques par une veuve aimante et souriante. La poussière s'y installe et je respire ce parfum de nostalgie, retrouve ta force, cherche ton soutien, me demande ce que tu m'aurais dit, à ce moment précis. Et je soupçonne, imagine, devine. Tu m'aurais dit les mots que je dirais à mes enfants. Ces mots uniques que l'on ne trouve que parce que l'on aime. Sans condition, sans mesure, sans raison. Alors je les entends, du plus profond de mon être. Ils reviennent en écho du plus loin de mes souvenirs. Ils revivent, m'enveloppent, me réchauffent et...

Laisse couler...

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Quelques gouttes salées qui perlent aux paupières Ondée du matin, rigoles nocturnes qui abreuvent la rivière Lente et longue des larmes versées sur ta terre. H2O épicée qui pimente l’histoire De tout être qui s’éveille, Dans ses rires, ses déboires Qui arrose et ponctue son chemin, l’aguerrit L’apaise, le soulage, Mystérieuse, violente Murmurante, infinie. Bulles lâchées coulant sans prévenir Quand les mots ne sortent plus, Qu’ils cessent de rugir Armes de défense, pacifiques, sans armure Jetées au tout venant pour panser nos blessures Elles sortent et se donnent, impudiques, mises à nues Sont reçues, rejetées, essuyées ou bues Comme le vin au calice, le partage est un baume L’eau inonde de sens le parcours de chaque homme Elle laisse s’échapper des morceaux de son âme Grande et belle, ennoblie à la coupe des larmes Aussi ne retiens rien lorsque tes yeux s’embuent Que ta vue se trouble, que ton coeur n’en peut plus Laisse venir et ruisse...

Un ange dort

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Combien de fois si tu savais T’ai-je cherché de ma fenêtre, D’une montagne ou d’un champ d’ blé ? Tu es parti, douleur immense, Intolérable, mais j’avance… Petite lueur : une étoile danse… Est-ce toi qui brille pour nous rappeler Que tu es là à nos côtés ? J’y crois toujours, c’est mon secret Dans mon silence, j’entends ta voix Je sens ton souffle, oui, c’est bien toi Tu ouvres mes yeux, tu guides mes pas Comme autrefois l'enfant qu' j'étais Suivait les tiens, sans y penser Dors bien mon Ange, j’y arriverais Ne t’inquiète pas, je t’ai r’trouvé Même si tu vois mes larmes couler Sur ton étoile, je t’aperçois, Et pour toujours, tu resteras, Mon Ange qui dort, là, près de moi…

Parfum de craie

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Vieille école publique, celle où les instits portaient des blouses au-dessus de leur « costard-cravate ». Celle de mon père était grise. D’un gris souris, comme sont devenus ses cheveux et ses yeux au fil des années. Je le revois dedans le jour de rentrée, embaumant le parfum frais de lessive. Il était fier, souriant, à la fois heureux et un peu inquiet tout de même de savoir si une fois encore, devant ces nouveaux pitchouns qui allaient bientôt débouler et envahir la cour de récré, il arriverait à relever le défi. Le merveilleux défi d’apprendre à lire et à écrire au plus grand nombre, de leur inculquer les premières bases du calcul, de les ouvrir à la poésie, de leur transmettre les premiers rudiments de sciences naturelles… C’est avec lui que j’ai commencé… première année de cette école primaire qu’il chérissait par-dessus tout, à laquelle il a consacré sa vie et que je garde en mémoire comme si c’était hier. En classe, je l’appelais Monsieur, comme tous les autres....

De 5 en 5

1972 : J’ai 3 ans et déjà une sacrée babelle comme disait ma Grand-Mère. J’habite la maison qui jouxte mon école maternelle et la cour d’école est mon terrain de jeu. Souvenir de l’énorme marronnier qui trônait en plein centre et derrière lequel je me cachais pour faire rire mes parents. Maman a le ventre qui s’arrondit, papa a le sourire aux lèvres, je vais bientôt avoir un petit frère. 1977 : La famille s’est agrandi d’un 3ème bout de chou et on a déménagé dans une maison toute neuve ! La vie y est douce et belle. J’ai ma petite bande de copains autour de moi et je suis toujours amoureuse du même garçon depuis le CE1, Pierre… On se donne la main sur le chemin qui nous emmène à l’école… Je l’ai retrouvé bien des années plus tard d’ailleurs, pour une brève mais jolie histoire… L’école, c’est mon truc, j’adore apprendre et c’est assez facile pour moi, j’ai du bol… 1982 : le collège au village d’à côté, j’y vais en vélo, toujours avec la même bande… J’ai 13 ans, un appareil dent...

Ma maison

Pas celle où je vis, non... L'autre, celle des jours heureux, de l'innocence... celle de mon enfance, de l'insouciance... celle de mes souvenirs... Elle se dresse là devant moi, simple et belle, rassurante et accueillante, conciliante, patiente et convaincue de mes retours... Aujourd'hui, je la vois différemment... Encore assise dans la voiture, le moteur à peine coupé, la ceinture toujours bouclée, un flot de souvenirs déboule et me cloue sur place... pourquoi à cet instant ? Rien de bien particulier à signaler pourtant... Un jour somme toute très ordinaire... ma visite hebdomadaire... La première photo qui surgit de ma mémoire est celle où mon front a embrassé fougueusement le mur de grés là juste en contrebas... j'avais 6 ans et plein d'élan, un brin de folie et une belle dose d'inconscience... rencontre choc entre ces murs et moi... le début d'une grande histoire d'amour... Puis les diapositives se succèdent à un rythme effréné... "un film e...

Putain de poussière

Un matin gris, comme ses yeux, Il est parti rencontrer Dieu Un soir de mai, beau coup du sort, Nous sommes restés sur son lit d’ mort A déverser, à gros bouillons, Nos pleurs amères, désillusions… Putain de vie, pourquoi si vite, J’en pouvais plus, j’ai pris la fuite, Me suis r’ trouvée, en bas de la rue, Seule et en larmes, j’étais perdue Envie d’hurler, envie de rien, A quoi ça sert, il est si loin Un soir de mai, j’ai pris dix ans Putain d’ poussière, comme un serpent T’as pris sa gorge et ses poumons Pour l’étouffer et couper l’ son T’as laissé là sur le carreau Une veuve, des fils et moi, bravo ! T’es fière de toi ? T’en veux encore ? Laisse les, fous l’ camp, basta la mort ! Un matin gris, comme ses cheveux, Il est parti et dans ses yeux, J’ai pu y lire la délivrance, Un beau 8 mai, sa seule revanche... Il aurait eu 68 ans dans 2 jours.

Hommage...

05/05/2006 Je sais que je n'ai pas toujours été des plus tendres sur la question, mais je dois bien reconnaître qu'il existe quand même des hommes bons, rares, exceptionnels... Ceux qui marquent à jamais votre vie... Ceux qui vous ouvrent les yeux sur le monde qui vous entoure mais qui vous laissent aussi entrevoir leurs faiblesses, leurs craintes, leurs peurs... Ceux qui pleurent de bonheur et de fierté le jour où vous quittez la maison,.. Ceux qui vous apprennent la vie, qui vous consolent et soignent toutes vos plaies,... Ceux qui vous prennent dans leurs bras juste pour vous déposer un tendre baiser sur la joue,... Ceux qui vous font sauter sur leurs genoux, qui guident vos premiers pas et qui se lèvent la nuit pour vous rassurer quand vous avez fait un cauchemar... Ceux qui vous ont nourri et accueilli avec tant d'amour dès que vous avez pointé le bout de votre nez... Ceux qui vous ont attendu, ceux qui vous ont désiré... Alors, oui, quand ils ...