Articles

Affichage des articles associés au libellé Moments

(...)

Le soleil encore tiède de septembre fut mon seul compagnon aujourd'hui Je m'étais pourtant ensevelie sous le joyeux brouhaha des autres Leurs mots décousus formant une langue inconnue Leurs corps trop en mouvement créant une valse incessante Qui me remontait invariablement à la surface de mon monde    Ce monde sans voix, ce monde sans cri Un cocon précieux, une bulle protectrice Pleine d’une infinie tendresse, d’une douce mélancolie La foule n’aspire pas, elle déverse Ses émotions bruyantes en écho des miennes, silencieuses. 

Balade

Image
Et marcher sur les pierres Par un matin précieux Les pieds nus, le corps chaud Baigné par le soleil Sentir les vibrations Des entrailles de la terre Deviner la rosée Qui scintille et ruisselle S’enivrer de couleurs Aux mille et un parfums Jouer avec le vent Qui réveille les forêts Regonfle les espoirs Frissonner au détour D’un nuage trop blanc Poser la grande armure Effeuiller le présent Hurler à l’astre là-haut Ces sensations de vie Qui étreignent et emportent Par-delà les douleurs Les déchirures infimes Sournoises et dévorantes Redonner à demain Son sens sa raison d’être Et marcher sur les pierres Pour revenir plus vraie.

Au nom du père

A la pointe du jour, quand le silence tranquille vient bercer tous mes rêves, faire disparaître mes peurs et mes colères, j’imagine ce voyage que l’on ferait encore. Un voyage enchanteur, dans la forêt des songes, des fantômes bienveillants. Il nous emmène tous deux, au coeur de nos souvenirs, reprend les chemins connus, nous berce de mille chansons. Les jours sont des secondes, les années des soleils, nous marchons côte à côte, remplis de feux ardents. Là les mots n’ont plus cours, ils flottent et disparaissent, ils laissent à nos sourires la place qu’ils méritent. Tu redeviens vivant, ton ombre sur le côté, je redeviens enfant et ma main dans la tienne, me voilà rassurée. Il y a sous le platane la liberté qui roule, l’avenir qui me regarde et toi qui me protège. 

Heure creuse

Le vin dans mes cellules danse et ondule Emmenée par les vagues incessantes de ce corps étranger Je me laisse dériver Elles me bercent, me caressent Soulèvent ce corps lourd et inerte Flottant dans leurs bras d'écume amère il tangue Le cœur prêt a passer par dessus bord. La houle se fait plus forte Nuit pleine et lune masquée L'esprit engourdi sombre. L'aube épineuse se lève sur les parois de cristal asséchées Une unique larme rouge aux reflets irisés Me rappelle la pâleur de ces heures à pleurer sur vos tombes.

Dans 1000 ans

Et retrouver dans le parfum des fleurs cette idée de nous qui se distille délicatement dans les alizés pourpres et les cieux débordants, La laisser voyager pour apprendre encore de ces rencontres et de nos chemins divergents, L'amener jusqu'à ce rocher surplombant la grande bleue, Y poser notre empreinte et quelques-uns de nos secrets, Souffler aux oiseaux ces notes opalines qui nous bercent sous l'orage... Et revenir dans ce jardin où le lierre enserre la rose.

(...)

Et crever de sommeil a force d'abandon.   Y laisser son souffle. Egrener dans la nuit d'ébène des frissons silencieux.  Refermer la  parenthèse d'un pâle sourire fatigué.  Sombrer dans un profond néant  sans rêve ni angoisse.

Juste un cri

Nous sommes là, pantelants, livides, malhabiles Bafouillant, ressassant nos discours inutiles Que peuvent bien faire les mots, creux, vides et insensés Contre ce cauchemar naissant pour cette mère endeuillée Que dire à ce père aimant qui bascule au vent Qui s’émiette de douleur, ce roc, ce géant Petite bulle naissante éclatée en plein vol Tu laisses derrière toi des rivières sur nos sols Je veux hurler leur peine dans un cri rauque puissant Et que tu l’entendes dans ton ailleurs béant Ce gouffre, cet abîme qui se referme sur toi Dans un tremblement de cœur, pour la dernière fois.

Attention, danger

Image
Sur l’asphalte. Une nuit d’été lourde et pluvieuse. Un tapis sombre et ruisselant qui se déroule, m’entraînant toujours un peu plus loin, un peu plus vite. J’évite les secousses, zigzague sous les gouttes. Il est tard, la lune est fatiguée. Elle s’est endormie sous son épais duvet nuageux, me laissant seule sous les éclairs. Je souris malgré moi en entendant cette chanson qui sort des enceintes saturées, le volume au maximum pour couvrir la colère du ciel et me rassurer. Seul lien avec la vie ailleurs. Les kilomètres s’enchaînent et me déroutent. Je ne me suis jamais sentie aussi libre et consciente qu’enfermée dans ces parois d’acier. Le ciel se fait plus noir, les cordes d’eau plus épaisses. Je navigue à l’aveugle et glisse sur ce miroir sans tain qui peut se briser au moindre coup de frein. La musique s’emballe. J’aime cette solitude nocturne, cette sensation dangereuse que ma vie dépend à ce moment même de cette ligne blanche à ne pas franchir, de ces pièges à éviter....

(Dé)Construction

Image
Une carapace, une armure de chair, un rempart contre les assauts. Le temps l’avait élevé, couche après couche, sans que personne ne s’y oppose. Une vision déformée de soi, un reflet que l’on ne regarde plus tant il fait peur, tant on devine ce qu’il peut devenir, encore. L’incompréhension devant cette forteresse en construction. Contre quoi, contre qui ? Contre soi bien sûr. Toutes ces peurs englouties, ces manques avalés, ces turbulences dévorées. « Ne vous attardez pas… passez votre regard… il n’y a rien qui puisse vous plaire ici. » Le cœur gélifié, le corps pris à son propre piège enveloppant. Le temps venu de l’effeuillage, se donner de nouveaux droits, se réapproprier son image, faire la paix avec son ombre. Désembourber ces lignes enfouies, épurer leur contour… et caresser un espoir, celui un jour de s’aimer un peu plus, enfin.

Lignes de fuite

J'ai ce carnet souple où s'étirent de petits bouts de moi, un rendez-vous secret qui rythme mes errances et ponctue de son ivresse les instants endormis. Je les repêche au fil des lignes, où voyelles et consonnes s'enchaînent pour se séduire, se prennent par la taille, se suivent les yeux fermés. Leur pas les rend légers, ils valsent en cadence, comme ces moments précieux tourbillonnent et s'envolent. Je souris à les lire, les paupières mi-closes, m'imaginant demain dans d'autres vers désuets, d'autres alexandrins qui me feront danser. Je respire le parfum de ces possibles frissons et trace sur le vélin de nouveaux horizons.

6 mois plus tard…

Je déchiffre d’un regard Le code des lignes d’hier Et patauge dans la mare De leurs foutus mystères Je plonge pour me noyer En apnée dans les mots Dans mes histoires fiévreuses Parsemées de gros maux Je jette l’encre et le reste Par-dessus la rambarde Des souvenirs funestes Et de ceux qui me gardent J’aligne des silences Des rondes et puis des croches Puis j’avance en cadence D’un pied bancal et gauche Je me prends à mes je Souffrant de leur faiblesse Et si ce n’est qu’un jeu J’en serai la pièce maîtresse.

Arabesques sur papier couché

Rail express. Deux voies parallèles, destination l’inconnu. Pas très longtemps, juste ce qu’il faut. Voyage d’agrément, pour saisir le mystère, apprivoiser la douceur. Collision. Forte, contrastée, superposée. Négatif positif. Trouver la perle dans les débris, la saisir, l’emporter. Vers un autre espace-temps, dans une autre dimension, aux portes ouvertes et aux frontières absentes. Explorer ses galaxies, se réjouir d’apesanteur, oublier les corps lourds. Absorber sa lumière, renaître de son éclat et revenir. Au même endroit, dans le fer et l’acier, dans la rouille délavée d’une gare sous la pluie.

Impatience

Ce picotement à fleur de cœur, cette impression de dérouler les aiguilles à l’envers, tressaillement convulsif de tant d’espoir contenu… et l’attente, longue et froide, revêche et hautaine. Tu ne peux pas me piétiner me dit-elle, je suis le passeur, l’incontournable. J’ai beau jouer avec la matière et espérer une accélération des particules, rien ne se passe, rien n’arrive, tout stagne. Ce vide qui me sépare de mon futur proche conjugué au conditionnel se remplit tour à tour de bleu ciel hypothétique, de blancs interrogatifs et de sombres images passées antérieures. Zone de transit, aérogare désert et silencieux… Quelques jours, des siècles.

A vous qui passez...

Effrontément vous sourire Vous reconnaître et de là Attraper vos silences En plein vol du bout des doigts Les poser sur une feuille Les recouvrir de mille éclats De cristaux ou de roches D’or ou de raphia Voler cet air Du temps qui sème Des espoirs et des vies Des comètes et des voix Noyées dans le tumulte Des adultes qui se croient Maîtres, géants bruts Invincibles, bons soldats Recueillir vos regards Dans les paumes de mes mains Dentelés et fragiles Rêveurs ou clandestins Les envelopper de mots Cotons ou papier bulle Cadeaux accordéons Dans mon ciel où s’allume Vos rivières numériques Vos croissants de lune blanche Vos couleurs et vos dunes. Belle année à vous.

Des riens avant tout

Image
Ces petits riens de la vie qui nous fait, je les hais, je les aime. Tendres ou explosifs, lisses pelliculés ou bruts de roche, je les traverse et les avale, parfois ils m’engloutissent à leur tour. Je les sens, ils vibrent. Onde de choc, vague mourante d’une mer d’été, je les accueille comme ils se posent, comme ils déferlent. Parfois la rage au ventre, souvent les sens en ébullition, jamais indifférente, sous peine de petite mort anticipée. Saigner d’amour, à en tomber. Le cœur qui gicle, la chair qui brûle. Exorciser cette plaie d’enfer, ouvrir les yeux, voir les couleurs. Cracher les mots, panser les autres pour que le monde retourne plus beau, pour que les heures y sonnent plus claires. Creuser mes rides, hurler encore et puis danser. Sur les jours qui nous portent, dans les matins d’hiver, sous le manteau d’une nuit étoilée. Suivre leur rythme audacieux et garder la mesure, improviser les pas de toutes mes aventures.

Sur la vague de nos jours

Image
Temps qui coule, temps qui file Nous malmène, nous modèle Côté face éparpille Des sillons à la pelle Vie qui passe, vie qui glace Nous transperce, nous renverse Nos corps flous en otages De ses maux en averse Nos cœurs comme des cristaux Fragiles et délicats Ecrins de tous les mots Habiles ou maladroits Amour danse, amour lance Nous emporte, nous abat Feu sacré, folle transe Pour des yeux où se noient Nos chimères et nos doutes Le temps que l’on n’a pas Nos mensonges en déroute Nos faiblesses, nos faux-pas Vivre encore, effleurer D’une main hésitante Des lendemains posés Comme des amours naissantes Balayer sur le sable L’écume de nos tristesses Y écrire la ballade De toutes nos ivresses.

Ton pote

Tu as du le voir arriver, de loin, son doux sourire au coin des lèvres. Personne ne t’avait prévenu. Pas lui, ce n’était pas possible, ta vue devait te jouer des tours. Il avait bien des cheveux quand tu es parti… et ce visage qui avait changé… non, tu devais te tromper. Tu t’es sûrement dit que c’était trop tôt, que tu pouvais bien attendre encore un peu, que tu n’étais pas seul, que tu avais tout le temps. Tu as vérifié le calendrier céleste, scruté les écrans de la voie lactée… peut-être t’étais-tu assoupi quelques dizaines d'années ? Tu pensais à ceux d’en bas, à celle assise à ses côtés. Tu t’es penché par-dessus la balustrade de verre, et puis plus de doute, l’image s’est faite plus nette. La brume qui le devançait s’est dissipée, tes yeux se sont accommodés, c'était bien lui. Tu as compris qu’il était heureux de te retrouver, qu’il avançait la démarche assurée, délivré des pinces qui le cisaillaient un peu plus chaque jour depuis ton départ. Tu n’étais pas au courant bie...

Ici et maintenant

Les pixels ont perdu de leur force d’attraction dirait-on… Cure de desintox sans souffrance physique, sevrage sans effets secondaires… Une vie ailleurs, dehors, du temps pour soi, pour autre chose, une trêve dans le quotidien… Lorsque le fleuve se fait tranquille, que le courant est porteur, que les berges sont accueillantes, on profite, on savoure… il y aurait tant de choses à dire, mais on se tait finalement. Aucune obligation, aucune contrainte, un espace libre et hors du temps, un refuge, un défouloir, un aspirateur d’ S.O.S ou un réflecteur de lumière : une vision des choses parmi tant d’autres. Rendez-vous alors au prochain orage ou arc-en-ciel, lorsque l’envie ou le besoin se jettent sur le clavier.

Une journée particulière

Le souffle léger de la brise Nous ramène à ta mémoire Et trace dans le ciel printanier Un pont invisible vers ton rire étoilé Des pas dans tes empreintes Des mains qui te racontent Des coeurs qui te rejoignent Et des yeux qui en disent long Les années étouffent les sanglots Les images se font plus floues Les souvenirs se cueillent en grappe Et les fleurs embaument ton nom Des bougies allumées pour réchauffer ta nuit Du vin dans du cristal pour égayer nos routes Des fruits doux et sucrés pour révéler ton âme Et nos voix en écho pour monter jusqu’à toi Le soleil au jardin illumine ton histoire Il brûle de mille feux comme ta vie parmi nous Un papillon doré vient nous dire l’éphémère Et caresser nos joues d’une aile délicate Les enfants aux pieds nus courent vers nos lendemains Leurs rires comme des grelots que tu leur aurais offerts Magie d’un gêne ancré au fin fonds de leur être Ultime et explosif cadeau pour mieux te reconnaître.

Ce soir, il me reste...

Cinq ans dans un carton Des petits bouts de rien Des miettes de pas grand chose Quelques instantanés De vos jolis sourires Des traces de bonne humeur Des bribes de vos délires Trois quatre notes de musique Pour danser sur les tables Des confettis mouillés Des bulles multicolores Des papiers griffonnés Des heures effervescentes Vos regards pleins d’étoiles Et vos cœurs qui débordent.