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La serre

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Crédit photo : Jean Boccacino – A travers la vitre de la serre Il est de ces mystères que l’on ne perce jamais Posé là par erreur, coïncidence, hasard Morceau de chair et d’os aux oripeaux blafards Il erre dans ce jardin, dans cette serre humide Balade sa solitude, sa douleur translucide Sous la lumière cuivrée, dans la rosée perlante Il aspire le silence, écoute ses cris muets Déverse de vains sanglots dans la boue à ses pieds Le vide en lui résonne, il le remplit d’amer Il brûle de l’intérieur, cœur malade en jachère La porte vitrée retient sa jungle aux griffes puissantes Ses fauves, ses certitudes, ses amours flétrissantes Il les hait, les adule, boucle folle hésitante Qui le ronge et l’abîme, le torture, l’ensanglante Sous l’horizon en feu, aux démons qui l’acclament, Il se livre et se rend, fatigué, pris au piège De cette torpeur si douce, placebo, cataplasme Il s’échappe de cette île, de ce bout de nulle part Fuit sans se retourner, silhouette lisse et noire.

Au balcon

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J’ veux des couleurs au balcon de mon monde Pour faire taire les obtus qui le regardent de travers Pour crier aux curieux qu’on a le coeur ouvert J’veux y peindre les saisons, accrocher des planètes Des jardins de papier, des mers d’un bleu parfait J’ veux y mettre des étoiles, argentées et filantes Et qu’elles t’emportent léger dans des contrées lointaines Espiègles et sauvages, désertes, chaudes, chamarrées J’attends d' voir ta surprise, ton regard étonné Lorsque nos yeux se croisent sur ces tableaux d’ailleurs Qu’ils te prennent par la main et te permettent d’entrer Le temps d’un saut astral dans ma tête explosée Si tu passes par ici, lève la tienne et regarde Ce que j’voulais te dire sur ces toiles bigarrées C’est que j’ mets des couleurs au balcon de ton monde Pour t’aider à sourire et t’emmener dans ma ronde.

A deux pas

Moins qu’une ombre dans les couloirs de sa mémoire. Tout au plus une brume vaporeuse et floue qui se dissout par beau temps. Le coton de sa voix, de ses cris enfouis le réveille certaines nuits, au carrefour agité de ses remords piétinés et de ses regrets passagers. Il tremble et se relève, ouvre la fenêtre, respire au clair de lune, pour chasser cette odeur d’intimité, ce parfum envahissant qui lui revient soudain et lui brûle les entrailles. Les toits qui se détachent au-dessus de la ville le ramènent dans les combles de son plus vil combat. Il refait le parcours de ces nuits vénéneuses où leur âme et leur cœur jouaient à se défier, où la soie et le crin se frottaient l’un à l’autre. Cette frénésie bestiale qui le mettait à nu, découvrait son ardeur et un vide absolu. L’insupportable pensée de pouvoir se livrer, d’avancer sans armure. Il fallait reculer, tuer le possible dans l’œuf, poignarder son désir et le rendre assassin. Reprendre le contrôle, détachement ultime, remballer ses s...

Volcanique

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Sous les feux de la nuit, le monde s’offre à nous Etrange, merveilleux, envoûtant et torride Des lucioles étourdies virevoltent et se détachent Lumière artificielle, liquide abrutissant Quand les ombres s’entremêlent, la tension monte d’un cran Une mèche qui effleure, une main qui invite Des tableaux qui s’enchaînent à un rythme affolant Perception décalée des corps, des intentions Des lèvres qui s’entrouvrent, du khôl dévastateur, Des hanches qui se déchaînent, et dans le tourbillon Vos bouches qui se dévorent, sans pitié, impudiques Nous laissant partager les frissons de désir Qui vous secouent l’échine, vous soulèvent, vous raniment Energie flamboyante, vos yeux comme des rayons Transpercent la piste noire, le monde à l’unisson Renvoyant aux étoiles leur éclat et la vie en fusion.

Holiday

Bientôt... dans quelques heures... Ai survolé vos contrées ces derniers mois, de temps en temps, pas aussi souvent que j'en avais l'habitude. Mais on revient toujours à ce(ux) qu'on aime, pas facile de couper le cordon et vous restez de belles destinations... Chercher ailleurs et se trouver, dans les mots des autres, leurs cris, leurs images, leur vie, leur révolte. Poser ses valises le temps d'une complainte ou d'une chanson, puis repartir en voyage et revenir un peu plus riche, un peu moins seul. Merci et bel été à tous. A bientôt.

Ici et maintenant

Les pixels ont perdu de leur force d’attraction dirait-on… Cure de desintox sans souffrance physique, sevrage sans effets secondaires… Une vie ailleurs, dehors, du temps pour soi, pour autre chose, une trêve dans le quotidien… Lorsque le fleuve se fait tranquille, que le courant est porteur, que les berges sont accueillantes, on profite, on savoure… il y aurait tant de choses à dire, mais on se tait finalement. Aucune obligation, aucune contrainte, un espace libre et hors du temps, un refuge, un défouloir, un aspirateur d’ S.O.S ou un réflecteur de lumière : une vision des choses parmi tant d’autres. Rendez-vous alors au prochain orage ou arc-en-ciel, lorsque l’envie ou le besoin se jettent sur le clavier.

Une journée particulière

Le souffle léger de la brise Nous ramène à ta mémoire Et trace dans le ciel printanier Un pont invisible vers ton rire étoilé Des pas dans tes empreintes Des mains qui te racontent Des coeurs qui te rejoignent Et des yeux qui en disent long Les années étouffent les sanglots Les images se font plus floues Les souvenirs se cueillent en grappe Et les fleurs embaument ton nom Des bougies allumées pour réchauffer ta nuit Du vin dans du cristal pour égayer nos routes Des fruits doux et sucrés pour révéler ton âme Et nos voix en écho pour monter jusqu’à toi Le soleil au jardin illumine ton histoire Il brûle de mille feux comme ta vie parmi nous Un papillon doré vient nous dire l’éphémère Et caresser nos joues d’une aile délicate Les enfants aux pieds nus courent vers nos lendemains Leurs rires comme des grelots que tu leur aurais offerts Magie d’un gêne ancré au fin fonds de leur être Ultime et explosif cadeau pour mieux te reconnaître.