Dans la ronde

Regarder la pendule et l’aiguille, dans sa ronde
infatigable, me murmurer le temps qui m’échappe et me nargue.
Tourne petite aiguille, ne te soucie pas de moi.
Je déguste tes tic et m’emplit de tes tac. Chaque seconde que tu laisses
gentiment derrière toi, je l’aspire, m’en abreuve, assoiffée de ses charmes. Je
la prends toute entière, ronde et belle à croquer, me perds dans ses mystères,
me trouve dans ses clartés.
Continue à ton rythme ta balade au long cours,
pourvu que dans tes traces, je renaisse en amour. Poursuis cette quête sans
début et sans fin, les miettes que tu me donnes sont des plus riches festins.
Je colle mon cœur qui bat sur ce tempo simpliste,
le rassemble et le gonfle de cet air qui m’inspire.
Au jeu du temps qui passe, il n’y a pas de
gagnant, que des instants choisis, subtils presque transparents.
Oser défier ses lois n’est que leurre, vanité.
Je fixe le cadran, le silence envahi par l’écho
de cette voix libérée, orgasmique. Je divague un peu plus, me laissant le
loisir de goûter ce moment, délicat et fragile, qui s’envole et déjà fait
partie du passé.
C’était hier encore, je n’étais qu’une enfant,
rêvant à ciel ouvert, souriant à demain.
Je la retrouve ici cette ombre de moi-même, dans
ce morceau choisi, cette escapade, cette trêve.
Elle me redonne l’espace, le souffle qu’il me manquait, à la voir si
pleine de cet instant volé.
Commentaires
Sourire... Je crains fort que celui-ci ne soit pas d'accord ;-) ! Merci de ta visite Leilyne.
Une petite blonde, comme moi...
Se retourner sur son passé provoque toujours un pincement au coeur, un état de mélancolie, il faut savoir regarder dans le rétroviseur avec détachement, mais je crois que plus le temps passe et plus c'est dur...
C'est l'enfance qui est jolie ici. Et justement, en regardant cette photo, ça me rapelle que j'ai eu beaucoup de chance de pouvoir avancer dans la vie avec cette insouciance et ce sentiment de sécurité. Ca contrebalance, me regonfle et me renforce. Une mélancolie positive finalement ;-)
"En-trez-dans-la-ron-de, sau-tez,dan-sez,em-brassez-qui-vous-vou-drez".
et clats de rire d'enfants, dehors dedans, petite voix en toi en moi, les enfants que nous fûmes, que nous sommes? encore.. encore.. rire de cette insouciance là, vibrer de cette vitalité là, attendre, encore, repousser l'échéance fatidique où l'enfance sera cendre. Plus tard. Plus tard. Très tard. Merveille des yeux qui s'émeuvent de si peu. Sagesse de leur coeur. Que la vie nous préserve de l'oublier, qu'elle nous donne la faculté de la préserver, de la retrouver, de la traquer à chaque coin de ciel, bleu rose, ou orageux de tempête catastrophique. Vibrer la vie à s'en écorcher les genoux, à s'en salir la blouse, à s'en frapper des mains.
Merci Bridg' pour le pont de tes notes de musique sur la partoche de la Vie. Merci pour cette jolie ronde, quelle tourne encore encore dans le cercle des grands.
Oui, cela peut paraître simpliste, naïf, mais c'est selon moi au contraire si difficile ! Merci Elle pour tes mots qui complètent si bien cette ronde :-)
@Denis_m :
Il y a certainement un temps pour tout ;-) ! Tu es dans l'action, tu vis à 200 à l'heure pour aller jusqu'au bout de tes envies, de tes projets, tu prends ce temps à bras le corps pour lui donner la forme de tes rêves, c'est énorme !
Juste se dire justement en regardant nos portraits d'enfant que l'on en a accompli, ressenti des choses dans ce laps de temps à la fois si court et si riche ;-) ! Merci Denis de ta visite.