Le parc

Des pas au hasard de ces sentiers cabossés. Ils tournent
en rond, reviennent sur eux-mêmes, s’accordent une halte au pied d’un arbre
centenaire. Un soleil tiède, encore timide, vient se mirer sur la surface gelée
dont les cristaux éclatants lui renvoient son sourire. La fatigue et l’usure
s’envolent. Des rires d’enfants surgissent, des vieilles dames se racontent,
des accents de toutes les couleurs s’entremêlent et me transportent au bout du
monde. Je dépose ma colère sur un banc entaillé. Des initiales gravées comme
témoins d’un passage, d’une solitude abandonnée, d’une existence à crier. Je me
laisse submerger par un torrent d’eau de vie qui tournoie et bouillonne, à
l’envie, à l’envers. Ces lignes entrecroisées, ces ombres et ces reflets en
compagnons de route, balises ancrées et essentielles. Le croissant de lune
blanche déjà naissante finit de me remplir d’une douceur, d’un espoir qui me
plaisent, me rassurent, me trahissent, me murmurent.
Commentaires
C'est exactement ça oui !
@Nath :
Tu as résumé tout cela très joliment, comme d'habitude ;-) !
2028, ça irait ? Ce sera le temps des mémoires ;-)) !