Le souffle léger de la brise
Nous ramène à ta mémoire
Et trace dans le ciel printanier
Un pont invisible vers ton rire étoilé
Des pas dans tes empreintes
Des mains qui te racontent
Des coeurs qui te rejoignent
Et des yeux qui en disent long
Les années étouffent les sanglots
Les images se font plus floues
Les souvenirs se cueillent en grappe
Et les fleurs embaument ton nom
Des bougies allumées pour réchauffer ta nuit
Du vin dans du cristal pour égayer nos routes
Des fruits doux et sucrés pour révéler ton âme
Et nos voix en écho pour monter jusqu’à toi
Le soleil au jardin illumine ton histoire
Il brûle de mille feux comme ta vie parmi nous
Un papillon doré vient nous dire l’éphémère
Et caresser nos joues d’une aile délicate
Les enfants aux pieds nus courent vers nos lendemains
Leurs rires comme des grelots que tu leur aurais offerts
Magie d’un gêne ancré au fin fonds de leur être
Ultime et explosif cadeau pour mieux te reconnaître.
8 mai 2008
Une journée particulière
29 avr. 2008
Désaxée
Si jamais tu voulais danser dans mon sillage
Te pendre à mon parfum, comprendre mes mots idiots
Kidnapper mes lendemains, voler mes espérances
Je t’en prie enfuie-toi, laisse-moi avec mes nuages
Mes colères, mes regrets, mes doutes à fleur de peau
Mes chaînes et mes secrets, les monstres de mon enfance
Je n’ai rien à t’offrir que des frissons amers
Des blessures et des plaies, des cicatrices vulgaires
Des images qui font peur, des zéros de conduite
Je planterais mes griffes comme un chat paniqué
Dans ta peau, dans ta chair et dans ton cœur ouvert
Lacèrerais ton dos nu et t’aimerais trop vite
Avec la folle certitude de te voir t’échapper
Impuissant, effrayé par cette rage à l’envers
Si jamais je t’approche et te suis comme une ombre
Change tout de suite de trottoir, prends les jambes à ton cou
Ignore mes appels et fonds-toi dans la foule
Je te laisserai me perdre pour ne pas te rendre fou
Et rentrerai chez moi noyer ma solitude
Dans un verre de vodka, d’eau de mer et d’habitude.
20 avr. 2008
A bien y regarder
J’ai cru que je pourrais mettre une claque à mes peurs
Les enterrer vivantes, jouer au nettoyeur
Je les ai observées, les ai eu par surprise
Certaine de ma toute puissance, sûre de mon emprise
Je les ai caressées pour les amadouer
Leur ai mis un collier pour les apprivoiser
Une muselière et une laisse pour bien les contrôler
Me suis vue invincible, forteresse édifiée
Sur des sables mouvants, des marécages fumants
Embourbée dans la vase des longs couloirs du temps
Mes peurs ont bien compris que je n’en menais pas large
Elles ont ri dans leurs dents, se sont mises à la page
Petites bêtes insoumises révoltées de leur sort
Retenues contre leur gré, emprisonnées à tort
Comprenant mon manège, elles ont joué le jeu
Guettant la moindre faille, un faux-pas, un aveu
Les pensant sages et dociles, je ne me suis pas méfiée
Leur rendant un peu plus chaque jour de leurs libertés
Jusqu’au jour où flottant dans un semi-coma
Elles se sont échappées et ont repris leurs droits
J’apprends à vivre avec et je ne les crains plus
Je connais leur visage, leur nom, je leur dis « tu »
Elles reviennent quelquefois pour me secouer l’échine
Faire couler le trop-plein, décrasser la machine
Elles font partie de moi, je les ai acceptées
N’en déplaise à cette autre qui me fait la grimace
Qui voudrait prendre le dessus et me remettre à ma place
Je la laisse faire son cirque et la regarde amusée
Cette autruche dont je me moque qui s’appelle Ma Fierté.
11 avr. 2008
Comme une plume au vent...
Je flotte... Légère, insouciante, portée par les courants. Des courants d'air, des courants chauds, des courants ivres...
Je pourrais m'en faire, je n'en trouve pas la force, je ne me trouve pas d'excuses.
Alors je me laisse guider, remettant à plus tard le sérieux et les rides, les marques du devoir, la course aux illusions.
Je descends et remonte, au gré des vents changeants, plane ou tourbillonne, survole des terres arides ou des prés verdoyants.
Les heures ne comptent plus, je les laisse défiler, je m'entraîne à ma vie avant de me déposer.
Je goûte à ce voyage sinueux, déroutant. Je pars à ma rencontre, dictionnaire sous le bras, pour mieux me déchiffrer, me traduire et déleste en chemin quelques malles inutiles, encombrantes et futiles.
Demain viendra sans doute m'attraper en plein vol, me remettre dans sa cage.
J'ai gardé dans la poche le double de la clé et en profiterai lorsque le temps viendra, joyeux ou tourmenté, pour m'échapper, petite plume au vent portée par les courants.
4 avr. 2008
Ce soir, il me reste...
Cinq ans dans un carton
Des petits bouts de rien
Des miettes de pas grand chose
Quelques instantanés
De vos jolis sourires
Des traces de bonne humeur
Des bribes de vos délires
Trois quatre notes de musique
Pour danser sur les tables
Des confettis mouillés
Des bulles multicolores
Des papiers griffonnés
Des heures effervescentes
Vos regards pleins d’étoiles
Et vos cœurs qui débordent.
27 mars 2008
Je de miroir
Penser se reconnaître et trouver quelqu’un d’autre
Se surprendre à sourire au reflet inconnu
Déjà apprivoisés, le cœur, les mains tendues
Une partie de cache-cache pour pimenter l’histoire
Puis effet volte-face, pirouette dérisoire
Inspecter les recoins de cette surface lisse
Embuer le décor, y dessiner un kiss
Tatouage éphémère, empreinte fugitive
Ne reste que le fantôme d’un baiser monochrome
Ses chaînes sont bien lourdes dans cette errance amère
Couvrant le bruit des autres et leurs foutues galères
La terre peut bien trembler, la souffrance est égoïste
Mur de béton armé, bunker anti-missiles
Humanité de paille, qui s’écroule dans un souffle
Palpitant en sommeil, anesthésié en boucle.
19 mars 2008
Antalgique
Arpenter le bitume en repoussant les doutes
Accueillir les hasards de ces rues qui se donnent
Avec leurs mille visages et leurs voix qui résonnent
Accepter l’insouciance pour quelques heures encore
Avant de regagner l’habituel décor
Admettre de se perdre dans quelque impasse sombre
Aux pavés ternis par le passage des ombres
Aimer chaque seconde de cette escapade
Aventure solitaire pour esprit en balade
Admirer les jardins dans la lumière d’hiver
Assise sur une valise les pieds dans la poussière
Allumer le regard de cette statue de bronze
Aux courbes déchirantes pleines d’espoirs et de songes
Accrocher un sourire aux branches nues des arbres
Avant de redescendre sur cet astre d’ivoire.
7 mars 2008
Plage déserte
Deux corps en déroute
Qui s’accrochent l’un à l’autre
Bouée inespérée
Dans les flots en tumulte
L’un s’agrippe, l’autre s’éloigne
Emporté par les vagues
Le ressac les sépare
La terre loin devant
Soulevés par le courant
Leurs forces abandonnées
Ils se laissent entraîner
Et échouent sur un banc
De sable d’amertume
Où écume et lichens
Enterrent leurs cœurs blessés
Sur cette plage déserte
Les deux corps se relèvent
Fantômes de l’aube pâle
Spectres déambulant
Sans boussole et voués
A errer dans ces dunes
Comme des chiens sans collier.
2 mars 2008
TAG alors !
REGLE N°1 : Rappeler le lien de la personne qui vous a tagué.
Bravo Titus, grâce à ton maître, me voici en train de me creuser la cervelle pour savoir ce que je vais bien pouvoir raconter aux lecteurs qui se perdraient par ici ;-)…
Je dois ajouter qu’Elisabeth m’avait également conviée à participer à ce petit jeu, mais que je n’avais pas encore eu l’occasion de répondre à l’invitation : coup double, c’est chose faite... ou presque...
REGLE N°2 : Préciser le règlement sur son blog.
Chantier en cours…
REGLE N°3 : Mentionner six choses sans importance (heureusement que c’est précisé !) sur soi.
1/ Gourmandise :
Si on me cuisine, je suis obligée d’avouer, malgré une préférence pour les mets salés ou épicés, mon penchant irraisonné pour… la tarte au citron
2/ Tic et toc :
J’ai pour habitude de commenter systématiquement les flashs infos de la radio à voix haute et toute seule au volant de ma voiture…
3/ Signe particulier :
A bien y réfléchir, oui, un petit truc unique, caché, qui me distingue, tatouée malgré moi… à ce stade, je suis en train de vous dévoiler que j’ai une énorme tâche de naissance sur la fesse droite…
4/ Altitude :
Envie d’évasion, de hauteur, de contrées du bout du monde, mais… je n’ai pas repris l’avion et j’ai une trouille bleue de retenter l’expérience, depuis un certain vol où j’ai bien cru que mes tympans allaient exploser !
5/ Peine perdue :
Je me suis essayée à de nombreux sports (je soupçonne certains de sourire derrière leur écran en lisant cet aveu, et pourtant c’est vrai !!!)… mais qui ne m’ont jamais convaincu que le sport était fait pour moi : j’ai en toute logique et tout simplement abandonné cette idée et vis beaucoup mieux depuis…
6/ A l’envers :
Souvent incapable de pleurer sur le coup lorsqu’un événement grave ou triste déboule dans ma petite vie, je me surprends toujours à avoir la larme à l’œil très facilement lors de moments heureux… allez comprendre, mon côté fleur bleue sans doute :-)…
Enfin REGLE N°4 : Taguer 6 personnes en mettant leur lien.
Caramel, Marie, Jean (en photos ???), Arlette, Denis et Elle : si le cœur vous en dit !
27 févr. 2008
Voix off
Insidieuse, elle trouve la faille, serpente autour, s’immisce, d’abord en sourdine, s’installe, prend ses aises, creuse un peu plus, et encouragée, trouve sa place.
Sûre d’elle, de sa portée, elle s’engouffre et remplit chaque fêlure, chaque plaie laissée par les coups.
Son timbre est grave, son accent roule.
Envahissante, sans complaisance, vrombissante, elle enfile ses gants, enjambe les cordes effilochées, balance ses uppercuts.
Attaquer, cogner, esquiver pour ne pas tomber.
Match truqué, poids plume contre poids lourds. Elle s’en fout.
Dernier round, elle doit tenir, ne pas faiblir. L’enveloppe de chair qui l’entoure peut bien s’ouvrir, hurler, saigner, elle ne jettera pas l’éponge.
Combat intérieur, les tripes contre la raison.
Question de nature, principe à la con. Pigeon vole et loup glacé, le ring devient cour de récré.
Règles du jeu revues et corrigées, loi du plus fort, rébellion en culottes courtes, manège désenchanté : la voix s’esclaffe, se rebiffe puis se retire.
Silence radio, temps mort, attente.
Je n’aime pas cette voix. Quand elle se tait, elle me fait peur.
19 févr. 2008
Le parc
Des pas au hasard de ces sentiers cabossés. Ils tournent en rond, reviennent sur eux-mêmes, s’accordent une halte au pied d’un arbre centenaire. Un soleil tiède, encore timide, vient se mirer sur la surface gelée dont les cristaux éclatants lui renvoient son sourire. La fatigue et l’usure s’envolent. Des rires d’enfants surgissent, des vieilles dames se racontent, des accents de toutes les couleurs s’entremêlent et me transportent au bout du monde. Je dépose ma colère sur un banc entaillé. Des initiales gravées comme témoins d’un passage, d’une solitude abandonnée, d’une existence à crier. Je me laisse submerger par un torrent d’eau de vie qui tournoie et bouillonne, à l’envie, à l’envers. Ces lignes entrecroisées, ces ombres et ces reflets en compagnons de route, balises ancrées et essentielles. Le croissant de lune blanche déjà naissante finit de me remplir d’une douceur, d’un espoir qui me plaisent, me rassurent, me trahissent, me murmurent.
16 févr. 2008
Fin de l'histoire
On le redoutait ce jour, il est venu hier. Une vingtaine de personnes rassemblées sur un plateau du bâtiment devenu trop grand. Un silence, des regards entendus, et l’annonce dans une voix cassée : notre site va fermer.
Quelques gorges nouées, des larmes refoulées, du soulagement aussi après l’attente des derniers mois et la nervosité intérieure qu’amènent l’incertitude, la rumeur, les faux espoirs.
La tristesse, l’incompréhension, la colère, la peur, les doutes, toutes ces émotions passaient à tour de rôle dans les yeux, sur les visages.
Pas d’autre solution, situation économique déplorable, avenir plus qu’incertain, plan social, reclassement… Des mots vidés de leur sens qui sonnent creux, qui ne veulent rien dire sur l’instant.
Sentiment solidaire de solitude, de remise en question. On pense aux plus âgés, à ce qu’ils vont devenir, ils semblent perdus.
Puis on se souvient des bons moments, de l’effervescence des belles années, des sourires affichés sur les panneaux photos dans la salle de pause, des mariages et des naissances qui ont marqué la vie des uns, du soutien collectif dans les moments plus durs de la vie des autres. Toutes ces joies et ces peines partagées.
On se regroupe, on se rassure. On s’en sortira bien sûr. Un goût amer dans la bouche quand même.
On va quitter des gens, nos routes vont se séparer.
On en recroisera certains, on en laissera beaucoup, on n’oubliera personne.
13 févr. 2008
N’habite Plus à l’Adresse Indiquée…
Cher Monsieur,
Si d’aventure vous passiez par ici, sachez que ce courrier vous était adressé.
Quelques lignes pour vous dire qu’il faut que cela cesse.
N’avez-vous pas remarqué combien ces derniers jours le monde ne tourne plus rond ?
Il se couvre maladroitement de cœurs de velours rouges, d’anges aux ailes d’or, étale pétales de roses, sentiments écarlates et mots d’amours en vrac.
J’en perds toute ma raison…
Je vous soupçonne d’y être un peu pour quelque chose, du haut de votre nuage, votre carquois plein de flèches n’était pas très discret.
Quelqu’un de bien informé m’a même donné votre nom : Cupidon parait-il…
Cela me dit vaguement quelque chose. Ne nous sommes-nous pas déjà croisés ?
Mais je m’égare, revenons à nos moutons… Surtout comprenez bien mes honnêtes intentions.
Continuez bien sûr à dégainer vos flèches, aux hasards de ces vies, de ces sentiers terrestres, à jeter vos filets sur toutes les jolies âmes qui veulent se partager…
Pourriez-vous seulement ajouter un message demain à votre arc bandé et leur dire que l’Amour que vous leur envoyez est digne d’être fêté tous les jours de l’année ?
Je vous trouve bien léger à accepter ce jeu, ces règles au goût douteux qui laissent supposer qu’une date sur un calendrier puisse suffire à maintenir des braises incandescentes lorsque le bois vient à manquer.
Voilà ma seule remarque, Monsieur, et croyez si vous me lisez, que je ne peux que m’attrister de ce drôle de constat sur papier glacé.
6 févr. 2008
Mot croisé
Elle cherche le mot qui manque, celui qui ne vient pas.
Blocage, temps d’arrêt, la main levée retombe, l’encre gicle et s’éparpille sur la feuille vierge et triste. Une histoire avortée, embryon d’illusions. Aucun sens à donner à cette tâche bleue marine, le papier l’absorbe et la boit, assèche en quelques secondes ce qu’il restait d’humide.
Une éclaboussure, rien de plus, qui jaillit des ténèbres, une goutte d’eau amère pour laver, effacer les doutes ou les regrets. Le bleu qui vire au rouge, sang qui bout dans les veines.
Il palpite, il crépite, coule et cogne en boucle. Les parois élastiques se tordent et se déforment pour contenir sa colère.
Mouvement précipité, réflexe automatique, la main reprend la plume docile à la pointe écrasée qui gémit en silence. La matière gondolée attend la conclusion. Capitales soulignées, sur la tâche translucide, le mot retrouvé, l’objet de son délire en trois lettres, et pas mieux : TOI.
2 févr. 2008
Dans la ronde
Continue à ton rythme ta balade au long cours, pourvu que dans tes traces, je renaisse en amour. Poursuis cette quête sans début et sans fin, les miettes que tu me donnes sont des plus riches festins.
Je colle mon cœur qui bat sur ce tempo simpliste, le rassemble et le gonfle de cet air qui m’inspire.
Au jeu du temps qui passe, il n’y a pas de gagnant, que des instants choisis, subtils presque transparents.
Oser défier ses lois n’est que leurre, vanité.
Je fixe le cadran, le silence envahi par l’écho de cette voix libérée, orgasmique. Je divague un peu plus, me laissant le loisir de goûter ce moment, délicat et fragile, qui s’envole et déjà fait partie du passé.
C’était hier encore, je n’étais qu’une enfant, rêvant à ciel ouvert, souriant à demain.
Je la retrouve ici cette ombre de moi-même, dans ce morceau choisi, cette escapade, cette trêve.
Elle me redonne l’espace, le souffle qu’il me manquait, à la voir si pleine de cet instant volé.
31 janv. 2008
Carnaval
Lulu s’en est allée rejoindre des fous à lier
Une bande peinturlurée et prête à chahuter
Faux-cils, plumes et chapeaux, résilles et talons hauts
C’est le temps de la démesure et des rires à gogo
Des ombrelles qui se moquent de la pluie et du froid
Des chœurs à l’unisson pour défier les narquois
Tradition ancestrale portée par les saisons
Les marées et la pêche, pour nourrir les maisons
Ces chapelles accueillantes qui chantent leur histoire
Dunkerque ne les compte plus, elles restent dans sa mémoire
Va-t-en timide Lulu apprendre ces vers coquins
Reviens-nous riche de ces délires, de ces mots clandestins
Qu’on partage dans les rues, le sourire taquin
Emporte ces airs marins, ces poèmes truculents
Le carnaval au cœur, les yeux, les cheveux au vent.
27 janv. 2008
Cent maux dire
Les silences déposés sur ce corps endormi,
Quand le K.O. l’emporte au plus noir de la nuit
Le chaos des pensées qui surgissent et explosent
De rage ou d’amertume, juste limite overdose
Les battements sourds et creux de ce coeur embrumé
Qui raisonnent et percutent les murs de sa fierté
Les frissons laissés vains sur la couche froide et dure
Les reflets métalliques des mailles de cette armure
Le tranchant de ce glaive aiguisé sur la pierre
Planté d’une main assurée pour gagner quelle guerre ?
La chair ensanglantée par ce rire de victoire
La tête endommagée par ces rêves de gloire
La folie passagère de vouloir emporter
Ces maux comme un fardeau... et puis les libérer
Les laisser devenir les souvenirs malhabiles
D’un grain de sable au vent, silice en terres fragiles
Ne retenir que l’écho éphémère et soyeux
De la vague qui se retire pour laisser dans les yeux
Une lueur, un éclat, une envie et le feu.
23 janv. 2008
Eclosion
« Décider de ce qui est bon et juste pour soi dans l’instant ».
Cette phrase entendue et reçue raisonne en moi depuis quelques jours.
Quelques mots simples qui me remplissent, une évidence mise en lumière qui apaise mes questions en rafale et donne à mon regard intérieur une perspective nouvelle.
La réponse à beaucoup de tiraillements. Etape ultime de ce combat. Tomber le masque et me montrer telle que je suis, telle que je veux être.
Etre vraie, en harmonie avec moi-même, authentique, vibrante, énergétique.
Renier la fatalité et accepter ma vérité. Faire le vide pour me remplir d’autre.
Souffler, inspirer.
Déposer le fardeau trop lourd des épreuves passées, m’en décharger pour repartir légère, le cœur perméable, l’esprit en éveil.
La gestation lente et douloureuse, indispensable pour me trouver, me reconnaître, m’admettre, éclore, se termine.
Eclore, pousser, grandir encore avant de me faner.
Traverser cet espace-temps en restant aux commandes, libre arbitre de mes choix, guidée et portée par une vitalité nouvelle et bienveillante.
Bienveillante pour moi-même pour accéder aux autres.
Ouvrir une brèche dans le champ des possibles. Laisser sa part à l’inconnu, l’accueillir sans tricher.
Lâcher prise pour ressentir enfin et pleinement ces ondes invisibles qui nous transportent.
M’enrichir au cours du voyage des trésors découverts sur la route, cheminer en gardant dans les tripes cette force de dire non et les yeux de mon âme bien ouverts.
Reconnaître à chaque instant ce qui est bon et juste pour moi.
20 janv. 2008
Madre
1,53 m, ni plus, ni moins. Un petit bout de femme perché sur des talons carrés, aux yeux couleur émeraude, qui contemplent mes rides.
Son bébé est bien là, joufflue et toute dodue, derrière cette étrangère qui n’en fait qu’à sa tête. Elle se demande sans doute ce qui lui prend parfois de hurler à tout-va, de foutre en l’air sa vie, de renier ce monde qu’elle lui avait offert.
Elle n’imaginait pas, en lui tenant la main, sur cette place au soleil, des années en arrière, que cette enfant perdrait un jour sa candeur coutumière.
Mais que se passe-t-il donc dans le crâne de sa fille, elle cherche et ne trouve pas de raison suffisante ou d’histoire assassine. Ses mains tâchées de son croisées sur les genoux sont toujours là tendues dans les plus mauvais coups.
Elle en aura passé des nuits à se retourner pour dénouer les fils de ses pelotes emmêlées, pour tenter de comprendre comment la vie amène de gais bambins robustes à devenir roseaux couchés abattus par la grêle.
C’est qu’elle a oublié les farces et puis les pièges, maintes fois déjoués dans ce merveilleux manège. Elle en a eu son lot comme tout le monde ici-bas mais dans la fuite du temps, son passé ne compte pas.
Elle veut vivre avec rage, pour insuffler encore du fin fonds de son cœur ses espoirs et sa force, son incroyable courage.
Ses sourires en disent long, elle reste malgré tout, malgré nos coups de gueule, nos travers de toutes sortes, patiente, déterminée, elle nous ouvre sa porte.
On s’engouffre tout de go en quête de refuge, l’odeur d’un café chaud nous ramenant dans ses jupes. Elle entoure et protège, de ses bras frêles de mère, nos histoires chaotiques, nos plus folles chimères.
19 janv. 2008
Plongeon
Sur un câble suspendu entre nos tours d’ivoire, j’avance en équilibre à pas feutrés. Un faux mouvement, un souffle trop lourd et c’est la chute. Autour de moi le vide, renvoyant en écho mes peurs artificielles, aspirant mes vertiges pour mieux les disséquer. La distance est réelle, l’envie irrésistible, de glisser sur l’acier et me brûler les doigts, de rougir de mon sang ce fil métallique, d’arriver chair et os jusqu’à ces barricades.
Cette pensée s’évapore dans le ciel de mes doutes, comme bien d’autres avant elle m’avaient barré la route vers ces terres mystérieuses.
Mes bras en balancier, je me fige immobile, en suspension dans l’air du temps, en retenue sur les jours qui défilent.
Je me fabrique une passerelle d’illusions, les cordes y sont fragiles et le bois vermoulu, mais pour atteindre cette tour, je prendrais tous les risques.
Celui de la laisser dans un tiroir secret, double fonds et cadenas, dont la clé a fondu dans le feu torride de mes souvenirs.
Celui de la garder comme un trésor caché dans la soute d’une épave engloutie par les flots, un océan de larmes.
Celui de la percer, cristal ou verre trempé, et même de la briser, éclats éparpillés, miettes translucides.
Les jambes tétanisées, je regarde vers le haut, aperçois le duvet d’un nuage floconneux, les ailes d’un oiseau qui survole la scène et plonge dans cet abîme. Sa vitesse m’impressionne, me fais tourner la tête, je vacille, il m’entraîne, grand saut vers l’inconnu, détour inattendu.
La forteresse s’éloigne et devient dans l’envol un point minuscule. Tout est à refaire, le chemin à l’envers, le pont à reconstruire, le coeur à calmer, la tête à garder froide, le corps à maîtriser, le souffle à retrouver.
13 janv. 2008
Spirale
Emportée dans la roue du plaisir d’être deux
Me laisser enivrée et entrer dans ce jeu
Qui m’attire, qui m’aimante
Me chamboule et me hante
Complicité d’un soir, surtout ne rien attendre
Rencontres épisodiques par-delà les méandres
De nos vies solitaires, de nos pas parallèles
On s’observe et l’on cherche le signal, un appel
Je sens ma volonté, ma résistance me fuir
Son charme me consume, je devrais le maudire
Magnétisme infernal, frisson incontrôlé
Mes forces m’abandonnent, je fonds sous ses baisers
Toutes ces heures à bâtir de vaines et fausses excuses
A raisonner mon cœur, à déjouer ses ruses
Je prends ce qu’il me donne, des plaisirs au compte-goutte
Et laisse sur le bord du chemin mes mensonges en déroute
Ses caresses me sont douces, ami ou fol amant
Ses mains réchauffent mon âme refroidie par le temps
Que j’ai laissé courir, pour mieux le retrouver
De ces mots interdits, de ces silences passés
Je ne garde que la couleur de nos nuits encre et sienne
L’empreinte de nos corps qui se frôlent et se prennent
Le parfum de nos sèves, le parcours de nos bouches
Sur mes rêves enfouis, mes désirs peu farouches
Je laisse au hasard de nos envies, de ces instants improvisés
Le soin de nous conduire vers d’autres rives peuplées
D’incendie et de flammes, de moments endiablés
Où nos pas se rejoignent pour mieux s’y arrêter.
9 janv. 2008
Insomnie
Réveil saisissant au milieu de la nuit. Morphée s’en est allée voguer vers d’autres horizons, me sortant de mes songes hébétée et hagarde. Sensation déroutante d’une chute infinie, vertige accéléré par l’attraction lunaire, le monde des ombres s’agite et cherche à me convaincre.
Laisse tes yeux explorer nos contours, deviner nos secrets. Rejoins-nous dans la ronde et au diable tes préjugés. Tire les anges par les ailes, voue ton âme aux étoiles. C’est une chance que l’on t’offre.
Je l’ai prise tout d’un bloc.
Perception décalée, instants de folie douce, création euphorique, soif de parallèle.
Mes mots d'abord ont pris le large, devenus charabia exalté, insensé. Les pupilles dilatées sur le vent en déroute, les formes glissaient, accélèraient sur la toile défilante. Eclats de rêves entrelacés, kaléidoscope virtuel d’images imaginaires, je flottais et m’égarais dans cet état second délicieux, irréel.
Des années lumières ensuite, Morphée est revenu, accompagné de son père. Mes paupières ont reçu quelque poussière céleste, me plongeant à nouveau dans un sommeil inattendu, laissant le film des ombres, sans fin et suspendu au fil de mes nuits blanches.
3 janv. 2008
Dandy
Il tourne, il tourne et fait le beau, le sourire enjôleur, le sourcil circonflexe, chapeau noir et haut-de-forme sur regard de velours. La main gantée, le geste contenu, il parade tel un paon, séduisant et charmeur.
La belle s’approche, innocente et sublime, les yeux perdus, iris dévastateurs.
Le spectacle commence pour l’assemblée aux abois. Rires sous capes et verbe haut, on détourne l’attention, on guette l’insolite.
L’atmosphère se fait lourde, la belle se fait légère, vaporeuse et scintille, entraîne dans son sillage le jeune paon émoustillé à la queue déployée. Le dandy fait la roue et roucoule de désir, se sent pousser des ailes, les sens hypnotisés.
Fi des bonnes manières, il la couchera ce soir, là, dans l’antichambre, lui décrochera la lune, ôtera ses gants de cuir pour parcourir ses dunes.
Il craquera les dentelles de ses dessous divins, percera fiévreux la soie noire de ses bas, arrachera ce qu’il reste pour mieux sentir sa chair, se perdre dans sa chaleur, se fera animal pour assouvir la belle.
C’est une bête blessée qui quittera la chambre dans ce matin glacial. Aucun mot ni adieux, que des pas qui résonnent et s’éloignent au-dehors.
La belle alanguie s’endormira, nue et sans remords, des coussins sous la nuque, son parfum capiteux flottant aux alentours.
Les paons elle les connaît, aux plumes multicolores, ils ne l’impressionnent pas.
Elle les piège et les croque, chasse exquise et féline. Gangster des nuits câlines, stratagème bien au point, Arsène des hommes en tweed, mécanique bien huilée, pour des jeux érotiques et pas plus, même si affinités.
1 janv. 2008
2008
Et je danse sur cette année passée, sur ses rires, sur ses claques.
Je bouge et me déhanche au fil de ses images, rencontres, baisers, de ceux qu’il aurait fallu peut-être laisser.
Le tempo s’emballe, la mélodie gémit, coups au cœur, chair à vif, les enceintes hurlent, ma tête aussi.
D.J. de mes souvenirs, j’enchaîne et calme la piste, le pouls redescendu, place à la tendresse, à ces moments précieux, riches d’authenticité, vibrants dans ma mémoire.
Refrains repris en chœur, chorégraphie unique, les rythmes se succèdent, variés, inattendus.
Mes pieds martèlent le sol pour laisser une empreinte de tous ces jours vécus, preuves et témoins de mon histoire.
Mes bras balaient ce temps et en appellent un autre, un nouvel air m’attend, je me rejette dans la danse, à cœur et corps perdus.
29 déc. 2007
Le bain
Une bulle irisée qui balance et chaloupe
Sur la surface lisse du bain qui s’anime et fait loupe
Un souffle d’air chaud qui l’envoie tournoyer
Dans la vapeur humide, brouillard tiède et léger
Elle s ‘envole et se pose, délicate et fragile
Sur une main accueillante voulant la préserver
Parenthèse éphémère, espace clos protégé
Citadelle de faïence loin des rumeurs agitées
Clapotis qui murmure dans le silence ouatiné
Remous apaisants, calme et volupté
Mousse soyeuse et volutes parfumées
D’essence de lavande, de miel ou de vanille
Eponge imbibée d’eau qui parcourt avec paresse
Ce corps reconnaissant détendu sous sa précieuse caresse.
23 déc. 2007
Givrés
Les hommes, les esprits recouverts de glace
Raidis, momifiés, ils avancent et font masse
Effervescence hivernale, la cohue, la folie
Bousculant, piétinant, le froid les envahit
Les saisit par surprise, figeant leurs beaux principes
Cachés dans leurs manteaux, ils se croient tout permis
Le coeur emmitouflé, ils peuvent sortir les griffes
Etrange phénomène, la bise gelée s'infiltre
Frappe de plein fouet les têtes et fait sauter les plombs
Laissant sur le carreau les remords, les pardons
Contradiction suprême pour ceux-là même qui aboient
Lorsqu’au coin du feu ce soir ils riront aux éclats
Un verre à la main, l’autre sur le cœur
Célébrant tous en choeur l’amour et le partage
Chantant l’espoir, la paix et d’autres paysages
De terre promise un jour, de justice, de bonheur
L’homme est ainsi fait, il fond ou givre au gré des vents
Petite chose soumise aux quatre éléments
Changeant et virevoltant selon l’endroit et l’heure
Le fou et sage de Dame Nature voué au pire comme au meilleur.
19 déc. 2007
Victoire
Elle s’appelait Victoire ma Grand-mère. Je n’ai jamais bien su si c’est parce qu’elle était née un 25 décembre ou parce qu’on lui prédestinait un tempérament de battante.
De ces femmes qui arrivent au bout de leur vie en ne possédant rien mais en ayant tout donné.
D’abord à son mari, fils d’immigrante espagnole arrivée dans notre plat pays rêvant d’une vie meilleure. Pour lui ce fut l’usine, le verre et sa poussière. Fatale infiltration au cœur de ses poumons. Victoire n’en parlait jamais de son homme, juste un hommage dans la vitrine de son buffet, une photo noir et blanc, un ovale mortuaire, le menton y était droit, le regard fier. L’intelligence au bout des doigts me disait-on. Le sens de la musique, pas question de solfège, banjo ou mandoline, plutôt une question de racines. Le fusain comme une arme, pour mieux se révolter, il est parti trop tôt, grand-père à inventer.
Huit bouches à nourrir, 6 garçons 2 filles, c’était son héritage. Les plus grands au turbin : à 14 ans allons bon, ça forge le caractère ça muscle la carcasse. Les bleus revenaient noirs, de crasse et de fumée, lessive à tours de bras pour Victoire et ses filles. La maisonnée vivait, sans strass ni paillettes, poule au riz le dimanche, soupe aux navets en semaine. Victoire a pris des chiens pour remplacer son homme, l’un deux s’appelait Gipsy, un bâtard aux poils d’or, le seul dont je me souvienne.
Bien avant son fauteuil, Victoire allait venait, du couloir au jardin, des fourneaux à la télé.
L’hiver, c’était cuisine, bataille rangée de cartes et 45 tours en boucle. L’odeur du caramel, posé à même la tôle, qui cuisait doucement, sucre et sel mélangé, douceur et chaleur mêlées.
Les peaux de clémentine qui séchait sur le poêle, gavé de charbon, distillaient leur essence, chatouillaient nos narines, embaumaient la maison. Une maille à l’endroit, la deuxième à l’envers, les aiguilles sous les bras, la patience remontée, elle a bien essayé… désolée Mamie Vic, j’ai fait ce que j’ai pu, mais les aiguilles et moi, on ne s’est jamais revues…
L’été c’était dehors, tout au bout du jardin, un long couloir en friche qui menait aux rails convoités. Le fameux chemin de fer, et la barrière au loin, assis sur le talus, on attendait le train. Des wagons rouillés, remplis de marchandises, allure préhistorique, trésors à deviner.
Un bonjour aux voisins, Flora nous attendait, les poches pleines de bonbons, le noir pour seule couleur. Les veuves se ramassaient à la pelle dans ce coron désuet, celle-ci perdit la boule mais jamais son sourire.
Venait le temps des cerises, que l’on allait cueillir, au verger de la ferme, à quelques enjambées. Echelle, panier d’osier, fruits juteux et fous rires. Retour et confitures, nos bouilles de peaux rouges fripouilles, prises en flagrant délit.
Un jour, le fauteuil est venu, ultime compagnon. Le corps usé mais la tête dure, Victoire s’y est assise et a continué. Le reste, moins pittoresque, je l’ai laissé dormir, mémoire très sélective, dans le dédale de mes souvenirs.
15 déc. 2007
12 déc. 2007
Il rôde
Tapi dans les fourrés, caché sous les porches, au détour d’un chemin, à la croisée des vents…
Je l’ai entr’aperçu l’autre soir au retour, trahi par la blanche lumière d’un puissant réverbère.
Deux ombres entrelacées, qui se murmuraient. Quatre mains agrippées qui voulaient retenir, suspendre cet instant, flottant et vagabond. Deux bouches qui se happaient, faim de l’autre en demande, une envie partagée d’oublier les passants.
J’ai senti sa présence, inquiète de l’après, l’espace d’une seconde, j’ai voulu le suivre, me laisser m’égarer. Je les ai observés, hors de leur portée, voyeuse reconnaissante, voleuse de sentiments.
Leurs corps étaient soudés, leurs gestes au ralenti, la peur de s’ébruiter, de briser la magie, de faire fuir ce rôdeur qui les avait surpris.
Que se disaient-ils, que lui soufflait-elle, le nez dans ses cheveux, les lèvres à son oreille ? Des aveux insensés, des mots dits mille fois, des désirs étourdis, des secrets envoûtants…
Perdue dans mon silence, je me suis retournée, le cœur en bandoulière, des étoiles plein les yeux, l’amour aux alentours, un moment déroutant.
Ces inconnus en moi, pleine de leurs émois, j’ai fermé les paupières pour mieux m’en imprégner
Je suis rentrée chez moi, j’ai refermé la porte, une chanson dans la tête, ce tableau imprimé.
Je retournerais bien au pied du réverbère, chasser ce doux rôdeur pour qu’il change de repaire. Qu’il vienne traîner un peu du côté de ma rue, qu’il m’attaque par surprise, me capture, me dépouille et m'entraîne à sa guise.
11 déc. 2007
Au 1825ème jour...
Viens par ici petite friponne que je tapisse tes joues pastellesDe baisers bleus, roses et poudrés, de souffles chauds en ribambelle
Saute dans mes bras et tournoyons, chantons en chœur et soyons fous
Volcan en feu p’ tite sagittaire, née pour vibrer et pour nous plaire
Histoire d’automne aux couleurs chaudes, tons flamboyants, rythme et chansons
Ton nez trompette et tes fossettes, tes mains potelées, tes fesses bombées,
Tu fends la vie, le cœur haut et nous défie le poing levé
De voir comme toi des diamants bruts dans la rosée
Métal précieux, perle de nacre, trésor joyeux, reflet d’albâtre
Fêtons ensemble ta venue au monde, soufflons, sifflons à perdre haleine
Cinq années pleines et débordantes d’ivresse tendresse, de lunes pleines
Des étincelles, des confettis, des mots tout doux, bisous dans le cou
Attrape le tout et garde en toi tout ce que tu es que je ne dis pas.


