J'aimerais trouver des mots légers, des mots sourires, des mots amis.
J'aimerais reprendre le ton qu'il faut, pour faire comme si, pour
donner le change, une fois de plus.
J'aimerais tellement la trouver belle, l'aimer un peu, l'apprivoiser,
cette vie qui cogne, qui éclabousse, qui désintègre.
Et je scrute ce monde, sens dessus-dessous, essoufflé, à genoux.
Il s'ébat, se débat, hurle de faim, crève de trop.
De folies en douleurs, d'asphyxies en maigreurs, d'inconsciences en
vanités, je le regarde tourner et se mordre la queue.
Il déraille, se fracasse et explose. Une erreur d'aiguillage, un
attentat silencieux...
Alors sous ma plume les mots s'habillent de plomb, le temps d'une idée
bleue posée à l'horizon de mes soirs endeuillés.
...Et la vie continue...
Tour à tour silencieuse, rayonnante, enivrante, rugissante, violente, déferlante... Mais toujours surprenante... Jusqu'au bout.
27 sept. 2011
25 août 2011
Dans 1000 ans
Et retrouver dans le parfum des fleurs cette idée de nous qui se
distille délicatement dans les alizés pourpres et les cieux
débordants,
La laisser voyager pour apprendre encore de ces rencontres et de nos
chemins divergents,
L'amener jusqu'à ce rocher surplombant la grande bleue,
Y poser notre empreinte et quelques-uns de nos secrets,
Souffler aux oiseaux ces notes opalines qui nous bercent sous l'orage...
Et revenir dans ce jardin où le lierre enserre la rose.
distille délicatement dans les alizés pourpres et les cieux
débordants,
La laisser voyager pour apprendre encore de ces rencontres et de nos
chemins divergents,
L'amener jusqu'à ce rocher surplombant la grande bleue,
Y poser notre empreinte et quelques-uns de nos secrets,
Souffler aux oiseaux ces notes opalines qui nous bercent sous l'orage...
Et revenir dans ce jardin où le lierre enserre la rose.
21 août 2011
L
Derrière le rideau j'entends son cœur qui vibre, il envoie des signaux, appels en ultrasons. J'arrête de respirer, attends cette explosion qui la propulsera d'un bond à l'avant de la scène.
C'est elle mais c'est une autre, que je connais à peine, qui renait en lumière aux trois coups de bâton.
Le corps envoûté par le rythme qui surgit, l'esprit emporté par des lignes qui se déroulent, les yeux cherchant le miroir de nos regards débordant de tendresse.
Elle s'agite, elle s'émeut quand le public conquis lui renvoie en écho ses bravos colorés.
Ça brille et ça scintille au cœur de ses prunelles, ça gonfle ses poumons. C'est son air... sa chanson... ses planches... sa passion.
C'est elle mais c'est une autre, que je connais à peine, qui renait en lumière aux trois coups de bâton.
Le corps envoûté par le rythme qui surgit, l'esprit emporté par des lignes qui se déroulent, les yeux cherchant le miroir de nos regards débordant de tendresse.
Elle s'agite, elle s'émeut quand le public conquis lui renvoie en écho ses bravos colorés.
Ça brille et ça scintille au cœur de ses prunelles, ça gonfle ses poumons. C'est son air... sa chanson... ses planches... sa passion.
19 août 2011
Inter-section
C'était comme vous croiser, après tant de siècles passés sans
nouvelles.
Il suffit parfois d'un chemin hasardeux, celui que l'on emprunte sans
jamais deviner où il mène.
Une route sans panneau d'indication et aux réverbères éteints...
"Bonjour" aurait dit l'allumeur...
Seul un néon disloqué grésillait sur la façade d'un bar de quartier.
La pluie battait mes chevilles, mes os étaient trempés, la porte
entrouverte.
Derrière le comptoir, un serveur fatigué... dans un coin sombre
derrière le pilier de béton, des yeux qui me scrutaient.
Votre sourire finit de figer ce qu'il me restait à cet instant de
conscience.
Je fixai le croissant de lune accroché au coin de votre lèvre,
fascinée par l'éclat qu'il donnait à votre visage anguleux.
Je pense que j'ai fini par vous sourire à mon tour...
Cette fois, je ne pouvais plus m'enfuir, il fallait que je vous
affronte, que je plante mes yeux dans les vôtres et que je vous
demande enfin : où étiez-vous toutes ces années ? Ces années
passées à vous chercher, à vous imaginer, à vous deviner...
nouvelles.
Il suffit parfois d'un chemin hasardeux, celui que l'on emprunte sans
jamais deviner où il mène.
Une route sans panneau d'indication et aux réverbères éteints...
"Bonjour" aurait dit l'allumeur...
Seul un néon disloqué grésillait sur la façade d'un bar de quartier.
La pluie battait mes chevilles, mes os étaient trempés, la porte
entrouverte.
Derrière le comptoir, un serveur fatigué... dans un coin sombre
derrière le pilier de béton, des yeux qui me scrutaient.
Votre sourire finit de figer ce qu'il me restait à cet instant de
conscience.
Je fixai le croissant de lune accroché au coin de votre lèvre,
fascinée par l'éclat qu'il donnait à votre visage anguleux.
Je pense que j'ai fini par vous sourire à mon tour...
Cette fois, je ne pouvais plus m'enfuir, il fallait que je vous
affronte, que je plante mes yeux dans les vôtres et que je vous
demande enfin : où étiez-vous toutes ces années ? Ces années
passées à vous chercher, à vous imaginer, à vous deviner...
14 août 2011
(...)
Et crever de sommeil a force d'abandon.
Y laisser son souffle.
Egrener dans la nuit d'ébène des frissons silencieux.
Refermer la parenthèse d'un pâle sourire fatigué.
Sombrer dans un profond néant sans rêve ni angoisse.
Y laisser son souffle.
Egrener dans la nuit d'ébène des frissons silencieux.
Refermer la parenthèse d'un pâle sourire fatigué.
Sombrer dans un profond néant sans rêve ni angoisse.
6 août 2011
Rang des Vous
Ils sont alignés et bien sages, défilant sous mes yeux étonnés et
timides.
A portée de ma vie, distants sans vraiment l'être...
Ma main les fait valser, je touche leur visage, des caresses
virtuelles sur des peaux émaillées ou ridées.
Un arrêt appuyé, une interrogation furtive : et si vous étiez là,
comment m'y prendrais-je, que me demanderiez-vous ?
Un mot laissé au hasard, une impression de soi, dans la multitude des
signes, dans le couloir des noms.
Et puis un signal, un écho, une chanson qui resserrent les mailles et
créent une illusion.
On change les interfaces, toujours sous couverture, se livrant un peu
plus et se dénudant l'âme.
Des solitudes feintes aux fardeaux bien trop lourds, le jeu toujours
binaire réserve quelques surprises.
Alors les masques tombent, les chairs deviennent réelles, reprenant
leurs droits sur l'imagination.
Pour tromper nos angoisses, on s'allonge un instant sur le divan du
temps, le lit itinérant des souvenirs écarlates.
Les jours d'après s'étirent, sans manque sans frustration, le cœur n'a
pas vibré... le corps a ses raisons.
Combien de vous à venir, en rang ou en pagaille, pour reconnaitre et
atteindre l'ultime connexion ?
timides.
A portée de ma vie, distants sans vraiment l'être...
Ma main les fait valser, je touche leur visage, des caresses
virtuelles sur des peaux émaillées ou ridées.
Un arrêt appuyé, une interrogation furtive : et si vous étiez là,
comment m'y prendrais-je, que me demanderiez-vous ?
Un mot laissé au hasard, une impression de soi, dans la multitude des
signes, dans le couloir des noms.
Et puis un signal, un écho, une chanson qui resserrent les mailles et
créent une illusion.
On change les interfaces, toujours sous couverture, se livrant un peu
plus et se dénudant l'âme.
Des solitudes feintes aux fardeaux bien trop lourds, le jeu toujours
binaire réserve quelques surprises.
Alors les masques tombent, les chairs deviennent réelles, reprenant
leurs droits sur l'imagination.
Pour tromper nos angoisses, on s'allonge un instant sur le divan du
temps, le lit itinérant des souvenirs écarlates.
Les jours d'après s'étirent, sans manque sans frustration, le cœur n'a
pas vibré... le corps a ses raisons.
Combien de vous à venir, en rang ou en pagaille, pour reconnaitre et
atteindre l'ultime connexion ?
11 janv. 2011
Juste un cri
Nous sommes là, pantelants, livides, malhabiles
Bafouillant, ressassant nos discours inutiles
Que peuvent bien faire les mots, creux, vides et insensés
Contre ce cauchemar naissant pour cette mère endeuillée
Que dire à ce père aimant qui bascule au vent
Qui s’émiette de douleur, ce roc, ce géant
Petite bulle naissante éclatée en plein vol
Tu laisses derrière toi des rivières sur nos sols
Je veux hurler leur peine dans un cri rauque puissant
Et que tu l’entendes dans ton ailleurs béant
Ce gouffre, cet abîme qui se referme sur toi
Dans un tremblement de cœur, pour la dernière fois.
29 août 2010
Attention, danger
Sur l’asphalte. Une nuit d’été lourde et pluvieuse. Un tapis sombre et ruisselant qui se déroule, m’entraînant toujours un peu plus loin, un peu plus vite.
J’évite les secousses, zigzague sous les gouttes.
Il est tard, la lune est fatiguée. Elle s’est endormie sous son épais duvet nuageux, me laissant seule sous les éclairs.
Je souris malgré moi en entendant cette chanson qui sort des enceintes saturées, le volume au maximum pour couvrir la colère du ciel et me rassurer. Seul lien avec la vie ailleurs.
Les kilomètres s’enchaînent et me déroutent. Je ne me suis jamais sentie aussi libre et consciente qu’enfermée dans ces parois d’acier.
Le ciel se fait plus noir, les cordes d’eau plus épaisses. Je navigue à l’aveugle et glisse sur ce miroir sans tain qui peut se briser au moindre coup de frein. La musique s’emballe.
J’aime cette solitude nocturne, cette sensation dangereuse que ma vie dépend à ce moment même de cette ligne blanche à ne pas franchir, de ces pièges à éviter. Cette impression que le monde autour se dérobe, qu’il fond et s’aplatit, englouti par la vitesse.
Je ne suis plus sûre de vouloir rentrer. L’envie de prolonger cette contradiction est plus forte. Suivre ma déraison. Garder un temps encore cette certitude d’être à ma place. Un atome en mouvement à la surface de cette terre désertée, sans repère ni destination précise, quelque part dans l’univers.
22 août 2010
(Dé)Construction
Une carapace, une armure de chair, un rempart contre les assauts.Le temps l’avait élevé, couche après couche, sans que personne ne s’y oppose.
Une vision déformée de soi, un reflet que l’on ne regarde plus tant il fait peur, tant on devine ce qu’il peut devenir, encore.
L’incompréhension devant cette forteresse en construction.
Contre quoi, contre qui ?
Contre soi bien sûr.
Toutes ces peurs englouties, ces manques avalés, ces turbulences dévorées.
« Ne vous attardez pas… passez votre regard… il n’y a rien qui puisse vous plaire ici. »
Le cœur gélifié, le corps pris à son propre piège enveloppant.
Le temps venu de l’effeuillage, se donner de nouveaux droits, se réapproprier son image, faire la paix avec son ombre.
Désembourber ces lignes enfouies, épurer leur contour… et caresser un espoir, celui un jour de s’aimer un peu plus, enfin.
9 août 2010
Le puits
De celui qui s’infiltre sous la porte, sans avoir été invité, rampant tel un serpent silencieux le long du corridor, avant de vous surprendre au saut du lit.
C’est vous qu’il a choisi, il guettait sa proie depuis un moment déjà.
D’abord il vous enveloppe, faisant mine de vous réchauffer, de vous câliner. Mais très vite, il vous enserre, vous oppresse, vous étouffe.
Vous cherchez à le repousser, vous criez, vous hurlez, vous vous débattez à en pleurer. Rien à faire, son emprise est totale.
Peu à peu, il vous apprivoise, vous acceptez qu’il vous colle à la peau, espérant encore secrètement qu’il jette l’éponge, lassé de votre docilité.
Certain de votre soumission, il vous laisse parfois prendre un peu de distances, vous rattrapant à la volée quand vous semblez hésiter.
Et puis tout se détraque.
Quand enfin il cherche à partir, parce qu’il s'ennuie et n’a plus aucune raison de vous retenir en otage, c’est à votre tour de le supplier.
« Reste… encore un peu… comment vais-je faire sans toi…»
Vous vous êtes habitué à sa présence, la vie est plus confortable avec lui, il est un bon alibi.
Alors vous l’entretenez le gigolo de votre âme torturée, et vous le payez cher.
Devenu son ombre, c’est lui maintenant qui vous contrôle, vous précède, vous cache et vole votre lumière.
25 juil. 2010
Suspendue
Un corps sans voile ni artifice.
Que le grain de sa peau pour unique couverture.
Un corps mis à nu, immobile, aux histoires chaotiques, aux cicatrices blanchies.
Il repose devant moi, invitant ma main à se perdre dans le creux de ses détours, sur le plein de ses vies.
Frissonnant au moindre battement de cil perdu, il me conte des soupirs passés et me livre ses désirs emmurés.
Je le parcours sans réserve, sans retenue, découvrant peu à peu son histoire inachevée.
Distillant ses angoisses, dissolvant ses silences, le cocon se fissure au fil de mon voyage.
Un vent nouveau l’accompagne, celui de l’insouciance retrouvée, de l’instant accompli.
Que le grain de sa peau pour unique couverture.
Un corps mis à nu, immobile, aux histoires chaotiques, aux cicatrices blanchies.
Il repose devant moi, invitant ma main à se perdre dans le creux de ses détours, sur le plein de ses vies.
Frissonnant au moindre battement de cil perdu, il me conte des soupirs passés et me livre ses désirs emmurés.
Je le parcours sans réserve, sans retenue, découvrant peu à peu son histoire inachevée.
Distillant ses angoisses, dissolvant ses silences, le cocon se fissure au fil de mon voyage.
Un vent nouveau l’accompagne, celui de l’insouciance retrouvée, de l’instant accompli.
18 juil. 2010
"Coques, coquilles et coquillages..."
De ces instants fugueurs posés ensemble, il me reste des minutes en apnée, hors du temps, où l’air ne manque jamais.
Des fragments de lumière blanche, des bribes d’azur dans nos prunelles, des suites de points liés.
Je garde la saveur de nos étreintes salées, de nos grains de peaux ensablées, de nos empreintes coulées dans cette immensité.
Je fixe les pastels, dilue tous ces pigments sur des toiles de coton blanc regonflées sous le vent.
Nous pêchons des parfums aux couleurs électriques, creusons à pleine mains nos jours qui se dérobent sous un soleil qui pique.
Intraveineuse d’amour, molécule addictive, nous vivons sur ce fil de notes sélectives.
J’apprends encore le nom de ces heures au zénith, bâtis à demi-mots nos châteaux de granit.
Au galop sur nos souffles alignés, je scrute l’horizon, détache nos silhouettes sur cette ligne inventée.
Elles prennent en consistance au fil des lunes et des marées, rejoignent ces bulles d’or et tournent en ombres chinoises sur le manège de nos souvenirs d’été.
Des fragments de lumière blanche, des bribes d’azur dans nos prunelles, des suites de points liés.
Je garde la saveur de nos étreintes salées, de nos grains de peaux ensablées, de nos empreintes coulées dans cette immensité.
Je fixe les pastels, dilue tous ces pigments sur des toiles de coton blanc regonflées sous le vent.
Nous pêchons des parfums aux couleurs électriques, creusons à pleine mains nos jours qui se dérobent sous un soleil qui pique.
Intraveineuse d’amour, molécule addictive, nous vivons sur ce fil de notes sélectives.
J’apprends encore le nom de ces heures au zénith, bâtis à demi-mots nos châteaux de granit.
Au galop sur nos souffles alignés, je scrute l’horizon, détache nos silhouettes sur cette ligne inventée.
Elles prennent en consistance au fil des lunes et des marées, rejoignent ces bulles d’or et tournent en ombres chinoises sur le manège de nos souvenirs d’été.
27 mai 2010
Des mots doux
Ils flottaient dans l’air du soir, presque imperceptibles, ne s’attendant pas à ce qu’une oreille trop attentive les surprenne et les recueille.
Murmurés, susurrés, ils cherchaient un écrin, un écho.
Des mots d’amour insouciants, suaves et sensuels, comme la caresse d’une main gantée de velours sur une peau nue.
Ils allaient et venaient, d’une bouche à l’autre, s’enrobaient de douceur pour mieux se blottir et se fondre dans les baisers de l’autre.
Ils se cachaient parfois, attendant le moment propice pour mieux réapparaître, laissant les lèvres et les souffles les engloutir à nouveau.
Rieurs et colorés, osés, acidulés, ils virevoltaient et s'emballaient, pris d’une soudaine frénésie insatiable, portés par le désir qui montait au fil de leurs histoires.
Ils finirent par s’éloigner et s’évaporer, faisant place à un silence complice qui les gardait au chaud, à l’abri des indiscrétions.
Murmurés, susurrés, ils cherchaient un écrin, un écho.
Des mots d’amour insouciants, suaves et sensuels, comme la caresse d’une main gantée de velours sur une peau nue.
Ils allaient et venaient, d’une bouche à l’autre, s’enrobaient de douceur pour mieux se blottir et se fondre dans les baisers de l’autre.
Ils se cachaient parfois, attendant le moment propice pour mieux réapparaître, laissant les lèvres et les souffles les engloutir à nouveau.
Rieurs et colorés, osés, acidulés, ils virevoltaient et s'emballaient, pris d’une soudaine frénésie insatiable, portés par le désir qui montait au fil de leurs histoires.
Ils finirent par s’éloigner et s’évaporer, faisant place à un silence complice qui les gardait au chaud, à l’abri des indiscrétions.
1 mai 2010
Echappée belle
Allez viens…
On se taille… Je t’emmène… on tourne en rond, on fait des bulles… il est temps !
Avant qu’on ne grandisse trop vite, qu’on ne devienne raisonnable…
Ouvre les bras que je m’y élance, que mes chevilles enserrent ta taille, dévalons les heures qui s’étendent devant nous, laissons le fer rouillé et la pluie froide derrière…
Allez, laisse tomber tes certitudes, celles qui t’enchainent et te laissent au bord de la route, celles qui t’aveuglent et t’obscurcissent le paysage…
Voilà, souris, ça te va tellement bien…
J’aime tes yeux quand ils me renvoient cette pleine et douce lueur, quand ils me consument sans rien me promettre… alors je ne manque de rien…
Glissons vers ces demains à folle allure, de celle qui nous surprend, qui nous laisse essoufflés, le palpitant gonflé de ce trop plein de vie…
Prenons les chemins de traverse, aux détours hasardeux, pour cueillir d’autres envies, inventer d’autres jeux…
Allez viens, je t’attends…
On se taille… Je t’emmène… on tourne en rond, on fait des bulles… il est temps !
Avant qu’on ne grandisse trop vite, qu’on ne devienne raisonnable…
Ouvre les bras que je m’y élance, que mes chevilles enserrent ta taille, dévalons les heures qui s’étendent devant nous, laissons le fer rouillé et la pluie froide derrière…
Allez, laisse tomber tes certitudes, celles qui t’enchainent et te laissent au bord de la route, celles qui t’aveuglent et t’obscurcissent le paysage…
Voilà, souris, ça te va tellement bien…
J’aime tes yeux quand ils me renvoient cette pleine et douce lueur, quand ils me consument sans rien me promettre… alors je ne manque de rien…
Glissons vers ces demains à folle allure, de celle qui nous surprend, qui nous laisse essoufflés, le palpitant gonflé de ce trop plein de vie…
Prenons les chemins de traverse, aux détours hasardeux, pour cueillir d’autres envies, inventer d’autres jeux…
Allez viens, je t’attends…
16 mars 2010
Lignes de fuite
J'ai ce carnet souple où s'étirent de petits bouts de moi, un rendez-vous secret qui rythme mes errances et ponctue de son ivresse les instants endormis.
Je les repêche au fil des lignes, où voyelles et consonnes s'enchaînent pour se séduire, se prennent par la taille, se suivent les yeux fermés.
Leur pas les rend légers, ils valsent en cadence, comme ces moments précieux tourbillonnent et s'envolent.
Je souris à les lire, les paupières mi-closes, m'imaginant demain dans d'autres vers désuets, d'autres alexandrins qui me feront danser.
Je respire le parfum de ces possibles frissons et trace sur le vélin de nouveaux horizons.
Je les repêche au fil des lignes, où voyelles et consonnes s'enchaînent pour se séduire, se prennent par la taille, se suivent les yeux fermés.
Leur pas les rend légers, ils valsent en cadence, comme ces moments précieux tourbillonnent et s'envolent.
Je souris à les lire, les paupières mi-closes, m'imaginant demain dans d'autres vers désuets, d'autres alexandrins qui me feront danser.
Je respire le parfum de ces possibles frissons et trace sur le vélin de nouveaux horizons.
23 févr. 2010
Fissure
S'il fallait revenir à ce jour où tu m'as demandé de me jeter à l'eau, je crierais haut et fort que le diable t'emporte.
Il n'est de moment semblable à celui qu'on devine, la peur au ventre, celui que l'on sait tout changer.
Tu rirais aujourd'hui de me voir enchaînée. Je suis restée à cet endroit de nous, au bord du précipice, sans espoir de retour.
Tu attendais l'aveu comme une délivrance, un cordon que l'on coupe, une bouée salvatrice. Je te l'ai donné.
J'attends que le dernier souffle me ramène là où je nous ai perdus, il y a si longtemps déjà.
Je ne changerais rien. Je hurlerais juste mon desespoir de connaître la suite.
Il n'est de moment semblable à celui qu'on devine, la peur au ventre, celui que l'on sait tout changer.
Tu rirais aujourd'hui de me voir enchaînée. Je suis restée à cet endroit de nous, au bord du précipice, sans espoir de retour.
Tu attendais l'aveu comme une délivrance, un cordon que l'on coupe, une bouée salvatrice. Je te l'ai donné.
J'attends que le dernier souffle me ramène là où je nous ai perdus, il y a si longtemps déjà.
Je ne changerais rien. Je hurlerais juste mon desespoir de connaître la suite.
24 janv. 2010
Puzzle
Curieux mélange
Qui absorbe, qui dérange
L’envie irrépressible de briser le miroir
Faire voler ce reflet dans la froideur du soir
Recueillir les éclats des moments explosés
Numéroter les bribes une à une retrouvées
Par orgueil ou envie
Retenir le sacré
Par dépit ou colère
Immoler les amers
Glisser en pente douce
Vers la folie extrême
Regorger de désirs
Aller où ils emmènent
Ignorer les pudeurs
Abattre les préjugés
Retrouver les essences
Les parfums oubliés
Les cœur-à corps velours
Les ballets déhanchés
Egrener les heures blanches
Parsemées de murmures
Les matins silencieux
Où fondent les armures.
Qui absorbe, qui dérange
L’envie irrépressible de briser le miroir
Faire voler ce reflet dans la froideur du soir
Recueillir les éclats des moments explosés
Numéroter les bribes une à une retrouvées
Par orgueil ou envie
Retenir le sacré
Par dépit ou colère
Immoler les amers
Glisser en pente douce
Vers la folie extrême
Regorger de désirs
Aller où ils emmènent
Ignorer les pudeurs
Abattre les préjugés
Retrouver les essences
Les parfums oubliés
Les cœur-à corps velours
Les ballets déhanchés
Egrener les heures blanches
Parsemées de murmures
Les matins silencieux
Où fondent les armures.
4 janv. 2010
6 mois plus tard…
Je déchiffre d’un regard
Le code des lignes d’hier
Et patauge dans la mare
De leurs foutus mystères
Je plonge pour me noyer
En apnée dans les mots
Dans mes histoires fiévreuses
Parsemées de gros maux
Je jette l’encre et le reste
Par-dessus la rambarde
Des souvenirs funestes
Et de ceux qui me gardent
J’aligne des silences
Des rondes et puis des croches
Puis j’avance en cadence
D’un pied bancal et gauche
Je me prends à mes je
Souffrant de leur faiblesse
Et si ce n’est qu’un jeu
J’en serai la pièce maîtresse.
Le code des lignes d’hier
Et patauge dans la mare
De leurs foutus mystères
Je plonge pour me noyer
En apnée dans les mots
Dans mes histoires fiévreuses
Parsemées de gros maux
Je jette l’encre et le reste
Par-dessus la rambarde
Des souvenirs funestes
Et de ceux qui me gardent
J’aligne des silences
Des rondes et puis des croches
Puis j’avance en cadence
D’un pied bancal et gauche
Je me prends à mes je
Souffrant de leur faiblesse
Et si ce n’est qu’un jeu
J’en serai la pièce maîtresse.
4 juin 2009
La source
Etrange silence, celui de l’après, celui de l’ennui.
Fini le tumulte des eaux vives, asséché le torrent d’émotions.
Vide infini, abysse sombre et glacée où s’enfoncent les frissons, les souffles et les murmures, où se noient les cyclones, où coulent les déraisons.
Désert climatisé, décor de carton-pâte, laissé à la portée de curieux qui s’attardent.
Des signes qui s’empilent, vestiges d’un temps passé qui raconte son histoire, des bribes d’humanité.
Un patchwork cousu main de rêves et de douleurs, jeté sur le lit froid d’un amour assassin.
Une présence étrangère, un double familier, fantômes hantant les lieux de leurs plaintes lancinantes, sillonnant ce lieu clos en boucles délirantes.
La source s’est tarie, la roche s’est asséchée, découvrant la rudesse d’un terrain menacé, par les heures qui avancent, par la fuite des saisons.
Fini le tumulte des eaux vives, asséché le torrent d’émotions.
Vide infini, abysse sombre et glacée où s’enfoncent les frissons, les souffles et les murmures, où se noient les cyclones, où coulent les déraisons.
Désert climatisé, décor de carton-pâte, laissé à la portée de curieux qui s’attardent.
Des signes qui s’empilent, vestiges d’un temps passé qui raconte son histoire, des bribes d’humanité.
Un patchwork cousu main de rêves et de douleurs, jeté sur le lit froid d’un amour assassin.
Une présence étrangère, un double familier, fantômes hantant les lieux de leurs plaintes lancinantes, sillonnant ce lieu clos en boucles délirantes.
La source s’est tarie, la roche s’est asséchée, découvrant la rudesse d’un terrain menacé, par les heures qui avancent, par la fuite des saisons.
22 févr. 2009
500 euros et 500 secondes par la fille d’ici
La femme de Georges, une blog-copine, m’a refilé une patate chaude.
Donc on disait, moins de 10 minutes à vivre et 500 euros ?
D’abord je décroche les pendules et enlève les piles pour arrêter le temps… Laissons planer le doute et l’incertitude sur le moment exact, dernier sursaut d’espoir…
Puis j’enregistre un message post-mortem sur mon répondeur pour que personne ne soit surpris de mon silence, ça ne me ressemble pas…
Ensuite ça dépend de la saison… quitter ce monde en plein soleil ou blottie sous ma couette ?
Le moment arrive, je ne me laisse pas faire comme ça.
Je regarde la mort en face et essaie de négocier l'heure du départ : j’ai de bons arguments !
Les 500 euros me direz-vous ? Ca fait partie de la négociation.
La mort est cupide, c’est bien connu, elle n’en a jamais assez… elle doit être fatiguée aussi, à aspirer des vies en continu depuis la nuit des temps…
Alors je lui propose un break, une petite escapade, tout frais payés, histoire de recharger les batteries pour elle, et de jouer les prolongations pour moi…
Cocotiers, banquise ou sommets enneigés, thalasso, trecking ou formule club, à sa guise et peu m’importe, elle n’a même pas besoin de m’envoyer une carte postale… Il lui suffit juste de me mettre un peu plus bas sur la liste, ligne 2054 par exemple…
Je vous tiens au courant si on conclut le marché !
Pour ce qui est de l’invitation à répondre, si quelqu’un ici n’a pas encore été tagué, c’est pour lui/elle…
Donc on disait, moins de 10 minutes à vivre et 500 euros ?
D’abord je décroche les pendules et enlève les piles pour arrêter le temps… Laissons planer le doute et l’incertitude sur le moment exact, dernier sursaut d’espoir…
Puis j’enregistre un message post-mortem sur mon répondeur pour que personne ne soit surpris de mon silence, ça ne me ressemble pas…
Ensuite ça dépend de la saison… quitter ce monde en plein soleil ou blottie sous ma couette ?
Le moment arrive, je ne me laisse pas faire comme ça.
Je regarde la mort en face et essaie de négocier l'heure du départ : j’ai de bons arguments !
Les 500 euros me direz-vous ? Ca fait partie de la négociation.
La mort est cupide, c’est bien connu, elle n’en a jamais assez… elle doit être fatiguée aussi, à aspirer des vies en continu depuis la nuit des temps…
Alors je lui propose un break, une petite escapade, tout frais payés, histoire de recharger les batteries pour elle, et de jouer les prolongations pour moi…
Cocotiers, banquise ou sommets enneigés, thalasso, trecking ou formule club, à sa guise et peu m’importe, elle n’a même pas besoin de m’envoyer une carte postale… Il lui suffit juste de me mettre un peu plus bas sur la liste, ligne 2054 par exemple…
Je vous tiens au courant si on conclut le marché !
Pour ce qui est de l’invitation à répondre, si quelqu’un ici n’a pas encore été tagué, c’est pour lui/elle…
15 févr. 2009
Mille feuilles
Il se tient droit là devant moi, me fait de l’œil, m’appelle. Beau, fier et élégant, dans son costume de sucre glace lisse et bien coupé, à l’allure racée dont rien ne dépasse.Tentation suprême, désir incontrôlé et urgent à assouvir… je plonge !
A main nue et sans couverts, tremblante et craintive de la suite…
L’approche est délicate et demande du doigté. La bouche ouverte appréhende le meilleur angle d’attaque. Les yeux se ferment au doux contact de cette matière devenue mouvante, vibrante et vivante au premier coup de dents.
Plaisir et volupté, ma langue caresse tous ces flancs débordants et n’en laisse s’échapper aucune miette.
Quelques bouchées plus tard, je contemple l’assiette vide et sourit à ce délice englouti, les yeux encore écarquillés de cet appétit retrouvé sur ce bout de carré sucré.
31 janv. 2009
A Bout de souffles...
Bouts de mots, bouts de vies, bouts de nous, nous si froids, nous glacés, nous cinglants, vous en pieds.
C’est un hic qui nous guette, une panique, un rejet... le squelette des pourquoi, le spectre de nos amours, des zombies sur papier.
Asséchés les ruisseaux de vos larmes, de vos cris étouffés … absorbés vos sourires, vos louanges, vos regrets, restent la peau des douleurs, des abîmes, desséchée et froissée.
Une cicatrice banale et mal raccommodée, qui parle à qui l’entend de ses épines fragiles, d’une carapace dorée, épaisse et spongieuse… dans un souffle, désarmée.
C’est un hic qui nous guette, une panique, un rejet... le squelette des pourquoi, le spectre de nos amours, des zombies sur papier.
Asséchés les ruisseaux de vos larmes, de vos cris étouffés … absorbés vos sourires, vos louanges, vos regrets, restent la peau des douleurs, des abîmes, desséchée et froissée.
Une cicatrice banale et mal raccommodée, qui parle à qui l’entend de ses épines fragiles, d’une carapace dorée, épaisse et spongieuse… dans un souffle, désarmée.
26 janv. 2009
Arabesques sur papier couché
Rail express.
Deux voies parallèles, destination l’inconnu. Pas très longtemps, juste ce qu’il faut.
Voyage d’agrément, pour saisir le mystère, apprivoiser la douceur.
Collision. Forte, contrastée, superposée. Négatif positif.
Trouver la perle dans les débris, la saisir, l’emporter. Vers un autre espace-temps, dans une autre dimension, aux portes ouvertes et aux frontières absentes.
Explorer ses galaxies, se réjouir d’apesanteur, oublier les corps lourds.
Absorber sa lumière, renaître de son éclat et revenir.
Au même endroit, dans le fer et l’acier, dans la rouille délavée d’une gare sous la pluie.
Deux voies parallèles, destination l’inconnu. Pas très longtemps, juste ce qu’il faut.
Voyage d’agrément, pour saisir le mystère, apprivoiser la douceur.
Collision. Forte, contrastée, superposée. Négatif positif.
Trouver la perle dans les débris, la saisir, l’emporter. Vers un autre espace-temps, dans une autre dimension, aux portes ouvertes et aux frontières absentes.
Explorer ses galaxies, se réjouir d’apesanteur, oublier les corps lourds.
Absorber sa lumière, renaître de son éclat et revenir.
Au même endroit, dans le fer et l’acier, dans la rouille délavée d’une gare sous la pluie.
20 janv. 2009
Divagations nocturnes
Vous me devinez et me contrôlez d’un sourire hypnotique.
Le souffle me manque. Poumons de paille, cœur effusion.
La bouche tendue vers le ciel pour happer encore quelques molécules invisibles de votre air ravageur, je m’enfonce avec délectation dans un marécage brûlant, me noie dans une mer de lave en fusion.
Je fonds et me dissous, m’éparpille en sourdine, tandis que votre voix lointaine et ouatinée ricoche dans mon cortex, rappelle toutes mes cellules.
La matière se reforme, je reviens à la vie, remonte de ce cratère, automate déréglée par un grain de rêverie.
Le souffle me manque. Poumons de paille, cœur effusion.
La bouche tendue vers le ciel pour happer encore quelques molécules invisibles de votre air ravageur, je m’enfonce avec délectation dans un marécage brûlant, me noie dans une mer de lave en fusion.
Je fonds et me dissous, m’éparpille en sourdine, tandis que votre voix lointaine et ouatinée ricoche dans mon cortex, rappelle toutes mes cellules.
La matière se reforme, je reviens à la vie, remonte de ce cratère, automate déréglée par un grain de rêverie.
11 janv. 2009
Impatience
Ce picotement à fleur de cœur, cette impression de dérouler les aiguilles à l’envers, tressaillement convulsif de tant d’espoir contenu… et l’attente, longue et froide, revêche et hautaine.
Tu ne peux pas me piétiner me dit-elle, je suis le passeur, l’incontournable.
J’ai beau jouer avec la matière et espérer une accélération des particules, rien ne se passe, rien n’arrive, tout stagne.
Ce vide qui me sépare de mon futur proche conjugué au conditionnel se remplit tour à tour de bleu ciel hypothétique, de blancs interrogatifs et de sombres images passées antérieures.
Zone de transit, aérogare désert et silencieux… Quelques jours, des siècles.
Tu ne peux pas me piétiner me dit-elle, je suis le passeur, l’incontournable.
J’ai beau jouer avec la matière et espérer une accélération des particules, rien ne se passe, rien n’arrive, tout stagne.
Ce vide qui me sépare de mon futur proche conjugué au conditionnel se remplit tour à tour de bleu ciel hypothétique, de blancs interrogatifs et de sombres images passées antérieures.
Zone de transit, aérogare désert et silencieux… Quelques jours, des siècles.
4 janv. 2009
A vous qui passez...
Effrontément vous sourire
Vous reconnaître et de là
Attraper vos silences
En plein vol du bout des doigts
Les poser sur une feuille
Les recouvrir de mille éclats
De cristaux ou de roches
D’or ou de raphia
Voler cet air
Du temps qui sème
Des espoirs et des vies
Des comètes et des voix
Noyées dans le tumulte
Des adultes qui se croient
Maîtres, géants bruts
Invincibles, bons soldats
Recueillir vos regards
Dans les paumes de mes mains
Dentelés et fragiles
Rêveurs ou clandestins
Les envelopper de mots
Cotons ou papier bulle
Cadeaux accordéons
Dans mon ciel où s’allume
Vos rivières numériques
Vos croissants de lune blanche
Vos couleurs et vos dunes.
Belle année à vous.
Vous reconnaître et de là
Attraper vos silences
En plein vol du bout des doigts
Les poser sur une feuille
Les recouvrir de mille éclats
De cristaux ou de roches
D’or ou de raphia
Voler cet air
Du temps qui sème
Des espoirs et des vies
Des comètes et des voix
Noyées dans le tumulte
Des adultes qui se croient
Maîtres, géants bruts
Invincibles, bons soldats
Recueillir vos regards
Dans les paumes de mes mains
Dentelés et fragiles
Rêveurs ou clandestins
Les envelopper de mots
Cotons ou papier bulle
Cadeaux accordéons
Dans mon ciel où s’allume
Vos rivières numériques
Vos croissants de lune blanche
Vos couleurs et vos dunes.
Belle année à vous.
21 déc. 2008
Dérive
Que se passe-t-il
Tu m’évites
De ma bouche
Je t’invite
Recommençons ces jeux
Prenons de l’altitude
Tes doigts en maîtres de feu
Le long de ma solitude
Endors-toi
Reste là
Serre-moi
Comme j’ai froid
Incantations futiles
Silencieuses inutiles
Te retenir pour quoi
Pour quelques heures fragiles
En équilibre instable
Sur nos nuits qui se distillent
Des frissons comme des lames
Aiguisées à la hâte
Dans l’urgence de nos vies
Comédie en trois actes
Post-scriptum manuscrit
Des mots superposés
Aux genres indéfinis
Aux sens présupposés
Des ronds dans les eaux floues
Salées et apaisantes
Un torrent d’amour fou
De colère bienveillante.
Tu m’évites
De ma bouche
Je t’invite
Recommençons ces jeux
Prenons de l’altitude
Tes doigts en maîtres de feu
Le long de ma solitude
Endors-toi
Reste là
Serre-moi
Comme j’ai froid
Incantations futiles
Silencieuses inutiles
Te retenir pour quoi
Pour quelques heures fragiles
En équilibre instable
Sur nos nuits qui se distillent
Des frissons comme des lames
Aiguisées à la hâte
Dans l’urgence de nos vies
Comédie en trois actes
Post-scriptum manuscrit
Des mots superposés
Aux genres indéfinis
Aux sens présupposés
Des ronds dans les eaux floues
Salées et apaisantes
Un torrent d’amour fou
De colère bienveillante.
10 déc. 2008
Des riens avant tout
Ces petits riens de la vie qui nous fait, je les hais, je les aime.Tendres ou explosifs, lisses pelliculés ou bruts de roche, je les traverse et les avale, parfois ils m’engloutissent à leur tour. Je les sens, ils vibrent. Onde de choc, vague mourante d’une mer d’été, je les accueille comme ils se posent, comme ils déferlent. Parfois la rage au ventre, souvent les sens en ébullition, jamais indifférente, sous peine de petite mort anticipée.
Saigner d’amour, à en tomber. Le cœur qui gicle, la chair qui brûle. Exorciser cette plaie d’enfer, ouvrir les yeux, voir les couleurs. Cracher les mots, panser les autres pour que le monde retourne plus beau, pour que les heures y sonnent plus claires. Creuser mes rides, hurler encore et puis danser. Sur les jours qui nous portent, dans les matins d’hiver, sous le manteau d’une nuit étoilée. Suivre leur rythme audacieux et garder la mesure, improviser les pas de toutes mes aventures.
26 nov. 2008
Notes en fuite
J’avais la tête ailleurs et déambulais au gré de mes envies, dans cette ville amie, ces rues des quatre saisons.
A l’heure où les néons s’allument, où le soleil se voile, la foule presse le pas et claque sur le bitume des rythmes de samba. Carnaval de visages, de plumes et de lainages, la bise colore les joues, défie les audacieux et rit de sa malice.
Je traînais davantage, à contrecourant des vents, m’amusant d’une étole gonflée et orgueilleuse, d’un chapeau indomptable, d’une esquisse de grimace.
Le jour s’éteignait en douceur, les réverbères s’étiraient et s’allumaient, lucioles au corps doré, tirées de leur sommeil par un réveil mutin.
Ballet sur les murs lisses, figures à la surface, les ombres glissaient autour de moi, se rattrapaient sur les pavés. Je m’en étonnais telle une enfant, chinoisais avec elles, savourant le moment, ignorant la froideur.
Et puis trois notes fugaces, puissantes et sensuelles, arrivées de nulle part pour me faire frissonner. Des effluves au long cours remontant la ruelle, charivari des sens, gourmandises olfactives, ma bouche salivait, accueillant ce bouquet comme un dessert givré.
Je suivais leur sillage, espérant m’approcher de la source parfumée, voulant toucher des yeux ces arômes exhalés.
Au bout de quelques pas, volatiles et fuyantes, les trois notes me quittaient, sans autre explication, gardant leur doux secret et leur porteur caché.
A l’heure où les néons s’allument, où le soleil se voile, la foule presse le pas et claque sur le bitume des rythmes de samba. Carnaval de visages, de plumes et de lainages, la bise colore les joues, défie les audacieux et rit de sa malice.
Je traînais davantage, à contrecourant des vents, m’amusant d’une étole gonflée et orgueilleuse, d’un chapeau indomptable, d’une esquisse de grimace.
Le jour s’éteignait en douceur, les réverbères s’étiraient et s’allumaient, lucioles au corps doré, tirées de leur sommeil par un réveil mutin.
Ballet sur les murs lisses, figures à la surface, les ombres glissaient autour de moi, se rattrapaient sur les pavés. Je m’en étonnais telle une enfant, chinoisais avec elles, savourant le moment, ignorant la froideur.
Et puis trois notes fugaces, puissantes et sensuelles, arrivées de nulle part pour me faire frissonner. Des effluves au long cours remontant la ruelle, charivari des sens, gourmandises olfactives, ma bouche salivait, accueillant ce bouquet comme un dessert givré.
Je suivais leur sillage, espérant m’approcher de la source parfumée, voulant toucher des yeux ces arômes exhalés.
Au bout de quelques pas, volatiles et fuyantes, les trois notes me quittaient, sans autre explication, gardant leur doux secret et leur porteur caché.
20 nov. 2008
Sur la vague de nos jours

Temps qui coule, temps qui file
Nous malmène, nous modèle
Côté face éparpille
Des sillons à la pelle
Vie qui passe, vie qui glace
Nous transperce, nous renverse
Nos corps flous en otages
De ses maux en averse
Nos cœurs comme des cristaux
Fragiles et délicats
Ecrins de tous les mots
Habiles ou maladroits
Amour danse, amour lance
Nous emporte, nous abat
Feu sacré, folle transe
Pour des yeux où se noient
Nos chimères et nos doutes
Le temps que l’on n’a pas
Nos mensonges en déroute
Nos faiblesses, nos faux-pas
Vivre encore, effleurer
D’une main hésitante
Des lendemains posés
Comme des amours naissantes
Balayer sur le sable
L’écume de nos tristesses
Y écrire la ballade
De toutes nos ivresses.
Nous malmène, nous modèle
Côté face éparpille
Des sillons à la pelle
Vie qui passe, vie qui glace
Nous transperce, nous renverse
Nos corps flous en otages
De ses maux en averse
Nos cœurs comme des cristaux
Fragiles et délicats
Ecrins de tous les mots
Habiles ou maladroits
Amour danse, amour lance
Nous emporte, nous abat
Feu sacré, folle transe
Pour des yeux où se noient
Nos chimères et nos doutes
Le temps que l’on n’a pas
Nos mensonges en déroute
Nos faiblesses, nos faux-pas
Vivre encore, effleurer
D’une main hésitante
Des lendemains posés
Comme des amours naissantes
Balayer sur le sable
L’écume de nos tristesses
Y écrire la ballade
De toutes nos ivresses.
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