27 janv. 2007

Voyage

J’ai claqué la porte et j’ai roulé…
Un acte non prémédité, un réflexe de survie… m’éloigner pour mieux revenir…
Comment en étais-je arrivée là ? A quel moment avais-je perdu le fil ?
La nuit m’a donné les clés…
Peu à peu, quelques étoiles sont apparues… petites, vibrantes, obstinément muettes…
Je les distinguais difficilement au début, mais mes yeux se sont habitués à cette obscurité, à ce trou noir… une à une, je les ai reconnues… chacune leur tour, elles m’ont enfin parlé… et j’ai pleuré…
Pleuré sur ce qui restait de moi, sur toutes ces écorchures, sur ces plaies, sur mes genoux abîmés, sur mes tripes secouées, sur mes entrailles encore endolories par ces étoiles filantes…
C’était donc ça ma vie ? Un amas de confusions, de rendez-vous manqués, de blessures, d’erreurs, de mauvais choix ? J’avais dû arriver trop tard, ou trop tôt… Je ne sais pas… Peu importe finalement !
Je ne pouvais faire porter le chapeau à personne : c’était intolérable.
Je me suis arrêtée sur le bas-côté, et à la lumière d’un réverbère, j’ai plongé.
Plongé dans un abîme de douleur, tellement bon, tellement chaud, tellement profond que j’aurais fait n’importe quoi pour ne pas en sortir.
N’importe quoi… c’est ce que j’ai fait…

4 commentaires:

Benoît de la FAPM a dit…

Curieux cette sensation parfois d'être parfaitement anachronique. Il faut tenir parce que, malgré tout, comme le dit l'ami Pennac, "la vie est une farce". Douloureuse souvent, mais une farce tout de même. tu ne crois pas ?

Bridget a dit…

@ benoît :
oui, voilà, c'est bien ça le terme : anachronique...
Bien sûr que la vie est une farce... douce-amère, vertigineuse explosive, ubuesque parfois, il faut la jouer jusqu'au bout... c'est bien mon intention !

Anonyme a dit…

Magnifique texte...très agreéable de vous lire, même des années de retard...:-)
_Maria_

Bridget a dit…

Merci beaucoup Maria de votre passage sur cet endroit de plus en plus désert et de votre agréable commentaire. A bientôt peut-être.