12 mars 2007

Réveil des sens

Journée printanière hier, comme je les aime…
L’hiver m’avait engourdie, laissée là sur le bord du chemin, refroidie…
Mais peu à peu, pas à pas, il s’en va, cède la place… On le voit s’éloigner, sans regret, on lui fait un petit signe de la main, avec un sourire moqueur et un je-ne-sais-quoi de piquant au bout de la langue du style « eh bien t’as bonne mine maintenant, vas donc te reposer…».

La brise légère réapparaît… Celui qui avait rendez-vous avec la lune se fait plus doux, plus chaud. Il reste un peu froid et distant le matin bien sûr, mais pour mieux nous embrasser au milieu du jour, nous prendre dans ses rayons et nous envelopper de cette étrange et bienfaisante couverture invisible.

Les bulbes plantés par la petite ont germé, les premières tiges ont réussi à se frayer un chemin jusqu’à la surface et montrent le bout de leur nez en nous narguant : de quelle couleur sera ma fleur, hein ??

J’ai alors entendu l’appel de la terre devant moi et je suis partie à sa rencontre, par le chemin cabossé là, à gauche de la maison… Les champs sont encore naissants à cette époque de l’année, l’argile est encore frais, gorgé d’eau de pluie, son odeur âcre enivrante… J’imaginais ces mains qui la pétrissent, la malaxent, la sculptent pour en sortir des merveilles, pour mieux donner vie à leurs rêves, pour mieux exorciser leurs doutes, pour mieux balayer leurs angoisses… J’aurais aimée être douée en arts plastiques, ce n’est pas le cas, alors je rêve autrement…

Je suis revenue sous le soleil couchant, j’avais croisé des oiseaux que je n’ai même pas réussi à faire fuir, des poneys, des chevaux qui m’ont regardée du coin de l’œil « tiens, on ne la connaît pas celle-là »… je ne savais pas encore que tous ces trésors étaient à quelques pas de chez moi…


Je n’avais rencontré aucun humain, vague impression d’une espèce de Robinson sur son île… mon île, ma terre, pour quelques heures… Rien de fantastique, pas de quoi se pâmer pour un touriste qui s’y perdrait… juste le sentiment d’en faire partie.

22 commentaires:

Lui a dit…

Une journée à flaner, sans personne, avec seulement la nature !
Ce doit être rare, sauf habiter sur un île déserte !
Quelle paix ! Mettre le nez à la porte pour retrouver l'apaisement du néant !
Et de la vie qui renait ! :-)

Bridget a dit…

Moment de paix oui, en cohésion totale avec cette nature (et j'habite pourtant à 10 min d'une grande agglo, pas sur une île déserte ;-)... )

elle a dit…

Comme moi! comme moi!
Malaxer la terre féconde de mes mains. sans gants. Sentir sa matière. Dense, grasse, fertile. J'ai planté mes bulbes, après avoir nettoyé, arraché, gratté, bêché. Exit les mauvaises herbes. Je ne pensais à rien. Je sentais, je respirais. J'écoutais. Chacun médite à sa manière. Belle journée oui, Bridget. Le soleil m'a accompagnée jusqu'au bout. Il se couche devant mes yeux chaque soir, m'offrant ses ciel d'îles paradisiaques, où les fuschia se dispute avec les dégradés de bleus, de verts, et d'orange. Des ciels d'Afrique mazette. Au pied de ma maison devant la vaste étendue des champs, sur cette colline douce, avec au loin le château de Grignol. A mes pieds. C'est ça les éclats de bonheur. C'est beau autant que c'est grand.
Bonne journée à toi

Benoît-FAPM a dit…

Ca sent la communion à plein nez. La communion avec la nature.
Ca apaise.
Ca fait se sentir petit, unique et partie d'un tout.
C'est bon...

Kiki a dit…

Help, filez-moi le mode d'emploi, le décodeur, quelque chose, quoi. Je vous lis tous, plénitude et communion, printemps, nature, bien-être et quiétude... Moi j'ai envie d'en découdre avec tout, je suis véner, pas zen du tout et...je bourgeonne! Allez, Bridget, sois cool, file-moi la clef du printemps... (bon, ok, je v aussi diminuer la caféine!) ;-)

4largo a dit…

Ca calme un peu ton post pourtant c'est pas gagné aujourd'hui.

Bridget a dit…

@Elle :
C'est le plat pays ici, donc pas de colline pour moi, mais des champs oui, devant et derrière ;-) !

@Benoît :
C'est bon... et magique ! Toute petite j'étais oui et apaisée je suis rentrée... Rien de tel pour remettre les idées en place !

@Kiki :
Mais qu'est-ce qui te met dans cet état dis-moi ??
Je te rassure, il me faut aussi ma dose d'excitant journalière... Si tu passes par le Grand Nord un jour, viens donc faire un petit tour, on ira faire un plein de printemps et au retour, une bonne Blanche de Brugges nous accueillera ;-) !

@4Largo :
Si tu as pu reprendre ton souffle 2 min ici aujourd'hui, alors j'en suis ravie :-) !

Kiki a dit…

Ben, je crois que je suis une énervée chronique! Dis, on peut passer direct à la Blanche sans passer par la case printemps? ;-)))

Bridget a dit…

@Kiki :
Bon ok K, c'est bien parce que c'est toi et que je dévore tes SMS plein d'M depuis hier...
Remarque, la Blanche, c'est un air de Printemps à elle toute seule : c'est frais, c'est léger, ça pétille, c'est blond comme les blés et si tu y ajoutes une rondelle de citron, ça te donne un verre plein de soleil ;-) !!

bernard a dit…

bonsoir ...
juste une petite question :
croisez vous souvent des caribous dans votre région ??
merci et bonne soirée

Bridget a dit…

@Bernard :
Bonsoir... et bienvenue !
Pour répondre à votre question, ça m'arrive aussi bien sûr, comme vous dites, il y en a un peu partout quand vient le temps des migrations ;-) ! Par contre, pas encore vu d'éléphant rose... enfin, si mais... :-))
Bonne soirée à vous.

raumine a dit…

envie d'être à l'air avec une légère brise coulant sur nous, on s'y croirait..belle invitation à la sortie campagnarde de notre région. Cela faisait quelques temps que je ne pouvais plus te lire, c'est toujours un moment qui me "sort" de la routine.

Bridget a dit…

@Raumine :
Merci d'être passé alors. Je vais voir où tu en es de ton blog :-)

Anonyme a dit…

A L ATTENTION DE MR FISHTURN
Ça suffit les conneries.
Y en a marre du diktat des malheureux, des peine à jouir, des tordus et perchés de toute sorte.
Ils sont partout et nous envahissent, nous assomment avec leurs batteries de casseroles.
Ils empêchent le bonheur, trop simple pour eux.
Ils accaparent toute l’énergie positive et la transforme en lave boueuse et sinueuse.
Elle prolifère, s’insinue partout pour venir contaminer les plus propres, les plus sains, ceux qui vivent tout simplement. Parce que ce bonheur simple sans concession, c’est insupportable pour eux. Trop linéaire, trop propre, pas assez fougueux, sans prise de risque, sans réflexion, inculte et ennuyeux disent-ils.
Les voilà les perchés qui brandissent des excuses d’aventuriers à deux balles pour masquer leurs névroses, leur incapacité à vivre.
Ne pas affronter la vérité toute nue, celle qui les mettra à genoux. Je suis un handicapé du bonheur, aidez moi, soignez moi.
Et pourtant ce bonheur simple qui fait courir tout le monde, ils l’ont voulu, ils l’ont cherché eux aussi. Ils ont même tout fait pour y accéder.
Le temps passe, pas longtemps, car ces gens là ne sont pas endurants.
Le constat tombe : recalés. Au dessus de leurs forces, ce quotidien qui tue (disent-ils).
Alors ils déjantent, de toutes les façons ou d’une seule : alcool, drogue, tromperie, fuite, abandon, suicide… Les imposteurs rattrapés par leur imposture.
Et ils laissent femme, enfant, maîtresse, amis, associés, collègues et j’en passe sur le bord du trottoir : perplexes, groggy, meurtris, trahis, traumatisés, anéantis, effondrés, amers, démunis…

Egocentriques, narcissiques, les perchés sont soucieux de leur image.
D’abord celle qu’ils ont d’eux, qu’ils croient ou qu’ils aimeraient avoir.
Et puis celle qu’ils veulent renvoyer aux autres.
J’entends par les autres, pas les très proches car ceux là ne sont plus à conquérir et même si on peut encore les tromper ce n’est que partiellement. Ils ne peuvent plus tomber amoureux d’eux comme au premier jour. Ils sont déjà à moitié démasqués.
Non les autres, les inconnus à séduire, que l’on peut berner. Ceux qui peuvent leur renvoyer une image flatteuse, une image qui panse leurs névroses, leurs incapacités, leurs tares parce qu’ils ne sont pas assez courageux pour les regarder en face et les affronter.
Ces autres là peuvent les aimer d’un amour inconditionnel, authentique et les perchés se sentent à nouveau humains, aimables.
Et puis les autres sont captivants, ils sont vierges de cette relation à naître.
Ils ont à donner. Or les perchés ne savent que prendre.
Donner leur demande trop : concessions, efforts, compromis, dévouement, générosité, sacrifices, notions qui leurs sont étrangères.
Ils ne s’en excusent même pas, ils ne sont pas comme ça eux, à part. Ils en sont exempts et les autres n’ont qu’à faire avec.
Après tout on les a choisi non ?
Alors aimons-les comme ils sont, jusqu’au renoncement de soi. C’est ça qu’ils exigent mais qui de toute façon ne les satisfera jamais (trop simple, morne, ennuyeux, tu te rappelles ?).

Bridget a dit…

@Anonyme :
A priori, tu as des choses à régler avec Fishturn, mais je dois bien avouer que je ne peux rien y faire et surtout, que ce n'est ni mon problème ni celui des visiteurs de mon blog.
Ton comm ici à son attention est non seulement inutile (très peu de lecteurs du blog de Fishturn passe par mon espace je pense !!!) et déplacé, mais je crains qu'il ne produise que l'effet inverse recherché.
En effet, dans cette blogosphère, les lecteurs réguliers des mêmes sites y viennent par sympathie, par intérêt, par curiosité ou autre bien-fondée raison. Il peut se créer alors au bout d'un certain temps une relation particulière entre bloggeurs qui amène dans certains cas de la solidarité (lorsque attaque il y a par exemple).
Mon sentiment dans cette histoire est donc que par le ton employé, le 1er lecteur averti sentira à plein nez le ressentiment et la simple volonté d'en découdre avec Fishturn. Résultat : celui-ci n'en sera que plus entouré, plus populaire et encore plus soutenu. Les commentaires anonymes étant bien évidemment en plus très mal perçus.
La vie personnelle des bloggeurs est ce qu'elle est, elle s'affiche ou pas, selon les besoins et envies de ceux-ci.. fiction ou réalité, là n'est pas le problème.
Ce n'est pas en exposant ta version et vision de la personnalité ou vie privée de Fishturn que quiconque changera d'avis sur ses écrits, ses réalisations, ses publications.
Chacun est dans ce monde assez intelligent pour se faire sa propre opinion des choses, chacun a son libre-arbitre.
Voilà tout ce que j'avais à te dire.
Si Fishturn me demande de supprimer ces 2 derniers commentaire, je le ferai, mais je pense que cela ne servirait à rien, qu'à montrer que ton intrusion ici aurait pu être une réelle menace pour lui, ce que je ne pense pas.

elle a dit…

Chère Bridg',
Ben ça... J'ai lu le commentaire d'anonyme. Etrangement paradoxale cette façon de blâmer (me semble-t-il) la fuite, l'abandon, le manque de courage pour vivre, et de n'avoir pas le cran de signer, de s'engager, précisément, d'autant plus que ce comm vise directement une personne (fishturn).
Etrange aussi de venir chez toi Bridg' pour évoquer cela.
Mais qui que soit "anonyme", et si l'on met de côté le prétexte au commentaire (cad à fishturn), je trouve que ce qu'anonyme écrit, l'est rudement bien. Et il y a une vérité dans ce qu'il/elle nous laisse lire.
Je ne connais pas fishturn. J'ignore donc s'il fait partie des "perchés" ou non. Je dirais bien que je m'en fish. Et puis j'aime pas être prise en otage par des personnes qui règlent leur compte. C'est dégueulasse d'être pris à partie.
Mais je comprends de quoi veut parler "anonyme". Ces personnes là, singulières, qui ne parviennet pas à être heureuses...
Alors bien sûr, la perception que nous avons d'autrui n'est jamais objective. Elle fonctionne subjectivement, par le biais de prismes, de schèmes de représentation, de cases codées émotions, de mille et un paramètre qui feront toujours que pour A, B est un con, mais pour C, B est merveilleux.
Bon. Je sais plus pourquoi j'écris ça au juste. On s'éloigne de ta note Bridg'. Mais j'ai été touchée par le fond de ce qu'écrit "anonyme". ça fait écho, ça me parle. Il y a de la "vérité" là-dedans je vous le dit. Un regard que je comprends, que j'entends, que je vois. Et surtout peut être, il y est évoqué toute la difficulté, toute la souffrance, toute l'énergie, que l'on investit pour essayer de rendre l'autre heureux. On se gourre. On se plante. Mais c'est tanpis pour nous. Ne pas chercher à faire le bonheur des autres malgré eux.

Je trouve bien de ta part bridg' d'avoir laissé le comm' et d'avoir fait aussi cette réponse. Une belle tolérance, et cette façon d'ouvrir la porte de ta maison, c'est bon. Bonne soirée. Bridg' je répondrai à ton message in the bottle on no trouble water mais plus tard (suis nase ce soir)

elle a dit…

heu... désolée pour les fôotes et.. supprime le second.. (j'ai eu que des pb avec Mme adsl aujourd'hui...)

Bridget a dit…

@elle :
Etrange, c'est le mot...
Pour le reste, comme tu dis, la façon de voir les gens est de toute façon très subjective et on ne peut pas leur en vouloir de ne pas réussir à les changer, on ne peut qu'accepter...
J'attends donc ton message !
Bonne nuit à toi :-) !

Fishturn a dit…

Juste une petite précision qui s'impose tout de même. Le texte d'anonyme est à l'origine le texte de "Marlène" tel qu'il est apparu un jour sur mon blog....
Hors "Marlène" est quelqu'un qui m'est très proche, et il se trouve qu'elle n'est pas notre "anonyme". Donc non seulement notre Anonyme n'est qu'une sale bête à plume comme tout ceux de son espèce mais avec un petit plus, un manque d''imagination total qu'il comble en plagiant les autres.
Lamentable jusqu'au bout. Je suis vraiment confus...

Bridget a dit…

Pas de quoi êttre confus Fishturn, tu n'y es pour rien... Mais tu as bien fait d'apporter cette précision sur le texte "volé"... cela remet d'autant plus les choses à leur place quant à Anonyme...

marlene a dit…

Un simple passage, en discrétion, sur cet agréable endroit indiqué par mon proche fishturn, juste pour rétablir quelques vérités comme je les aime.
Auteure du texte "les perchés", très momentanément sur le blog de fish, le temps d'un clin d'oeil sur ces singuliers qui m'ont inspiré, je tiens à préciser que ce plagiat ne m'offusque pas plus que ça. Si mon texte fait écho, tant mieux. C'est plutôt le détournement, l'usage et le procédé qui me dérangent.
Je plains anonyme car sa démarche est pathétique à plusieurs titres :
Qu'il soit anonyme, le pose déjà là dans toute sa splendeur, et laisse augurer de son audace et de son courage.
Qu'il s'approprie des textes et les détourne de leur vocation première, pour incriminer sur le mode personnel souligne son étroitesse d'esprit. A moins qu'il ne souffre de la synapse tueuse ou du syndrome du désert verbal (auquel cas, je lui recommande "Désert et langage, conditions de la liberté" qui souligne en substance que l'autonomie est à élaborer, elle n'est jamais offerte comme une donnée achevée - lecture à haute dose).
Qu'il utilise des médiums publics fréquentés par sa cible, pour jeter en pâture ses frustrations et sa rancoeur (sur un différent probablement intimiste) témoigne de son immaturité, de sa petitesse pour ne pas dire mesquinerie.
Allez anonyme la prochaine fois, arrive équipé, tombe le masque, vide tes tripes, sors-les tes invectives, les tiennes cette fois, et face à face je te conseille, juste pour voir sciller le regard ou pire (ou mieux), juste pour l'exutoire. Au pire tu t'en sors avec un bon deuil bien expédié pour renaître ailleurs plus léger, plus authentique, le port bien haut et la dignité retrouvée.

Mille mercis à notre hôte pour sa convivialité, son ouverture. Désolée Bridget pour le dérangement, je repars sur la pointe des pieds et longue vie à votre charmante plume.

Bridget a dit…

@Marlène :
Eh bien je pense que tout est dit.
Lorsque l'on écrit sur nos blogs, il est vrai que l'on s'expose, c'est un risque à prendre, je n'en suis pas exempte ;-) !
Merci à vous d'avoir replacé les choses dans leur contexte : revenez quand vous voulez !