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Libération

Onde sismique déferlante et ravageuse. Colère, cri, rage, expulsion chaotique. Le corps-éponge boit-sans-soif se tord et dégorge le trop plein, la goutte qu'il ne pouvait plus absorber. Panique et incompréhension. Les apparence souvent trompeuses sont mises à nu, la faiblesse démasquée dans un hurlement salvateur. Minutes écarlates et volcaniques mode no control . L'accélération est brutale. L'oeil du cyclone se rapproche. L'aspiration inévitable. Tourbillon enivrant : les neurones se percutent et explosent. Observation hautaine de l'autre, le double, resté au sol, vidé et aplati. Quelques secondes en flottement, un entre-deux cotonneux : la redescente des enfers. Silence et ahurissement. Libération. Survie.

Entre parenthèses...

Entre parenthèses j’aimerais te dire, comme un secret d’enfant qui s‘envole et s’affranchit sans s’en soucier de la parole donnée, combien je t’ai aimé. C’était il y a longtemps, ailleurs, à des années lumières, au Sud, au Nord, c’était hier. La rencontre fut magique, le charme a opéré… Djembé endiablé, ambiance tribale, couloirs tamisés, guitare folle et voix cassées. Les langues déliées, les yeux pour s’explorer, nos corps n’en pouvaient plus et se sont pris au jeu. Rapprochement timide par les lignes de nos mains, foutaise ou vérité, peu importe finalement, je ne retiendrais qu’une chose s’il le fallait : nos regards à cet instant comme des lames étincelantes plongées dans l’âme de l’autre pour en extraire l’essence. Les gestes plus précis et nos souffles coupés, le monde n’existait plus, le pacte était scellé. Comme des pions sur l’échiquier de nos vies, nous avons avancé. Les lignes étaient fragiles, les fous un peu trop fous, la tour était penchée, le roi en échec, la ...

Manque

Comme l’alcoolo au bar du coin Qui s’ la raconte au p’tit matin Descend sa bière sans la regarder Pour ne pas y voir c’ qu’il croit cacher. Comme le junkie qui tremble et cherche Son revendeur à l’air revêche Une dose, une seule, et ça ira Promis juré, enfin il croit. Comme cet enfant aux yeux hagards Qui ne comprend rien sur ce trottoir Qui tend la main et qui attend Le ventre vide, le cœur pendant. Comme toutes ces heures passées sans toi S’étirent, s’envolent et ne reviennent pas Les bras m’en tombent, donnez-moi donc Une ombre à suivre, un horizon Des lettres d’amour à inventer Un air nouveau à respirer Un nom idiot qui me fera sourire Une bouche à prendre, un avenir. L’estomac creux et la tête vide Les poings serrés et l’œil humide J’ clôture la liste de tous ces manques Je tire un trait, fais l’addition : Besoin pour vivre de ce poison.

Demain mon frère, demain...

T’en auras des rêves, même s’il te faut tailler ton chemin à coup de machette et les chercher comme des trésors, bien planqués derrière l’épaisse forêt de tes emmerdes. Truffées de pièges ces broussailles, les braconniers sont passés par là. Peu importe la manière, le gibier est traqué. Leurs mâchoires laisseront quelques traces dans ta chair bien sûr. Mais la bête sauvage n’est pas morte : même si elle hurle et se tord de douleur, elle n’est que blessée. Tu sens leur présence, ils te guettent, épient tes réactions, prêts à t’achever. C’est mal te connaître. Tu en as déjà surpris plus d’un. La nuit tombe, la lune éclaire de son faisceau d’argent ton encolure. Redresse la tête, regarde les étoiles, choisis-en une, donne lui un nom, celui que tu veux, pourvu qu’il te parle. Laisse-là te guider, te raconter tes lendemains, éclairer ta route et t’apprivoiser. Tes veines se gonflent, le sang bouillonne, la colère monte. Les rôles s’inversent : c’est toi qui leur fait ...

Breizh

Image
Comme un cri poussé sur le pont de l’Odet, surplombant les baies de Ste Marine et de Bénodet inondées de voiles blanches. Les vacances terminées, je garde au fonds des yeux, et pour longtemps encore, le mauve profond des bouquets d’hortensias, les mas de pierres aux volets bleus et les étales multicolores des marchés au petit matin, et bien plus encore… Kant Bro, Kant Giz… Cent pays, Cent Modes. La Bretagne m’a envoûtée. L’esprit de Merlin devait planer par là, au détour de la pointe St Gilles peut-être… Un souffle nouveau m’a regonflée…L'énergie et la force du Triskell, gardé autour du cou depuis, les entrelacs infinis de cette croix en métal vieilli adoptée au premier regard ? Allez savoir… Je ne suis plus tout à la fait même… Il faut partir pour mieux revenir. Le mystère reste entier. J’ai laissé les Mari Morgans au fonds de leur grotte et à l’avant du bateau, à quelques mille des Glénans, sous le soleil couchant et au pied du phare au damier, j’ai éc...

A l'ouest toutes !

Le temps de finir les valises (encore 2 ou 3 bouquins à caser et c’est bon) : lâcher la bride et partir respirer ailleurs... Bel été à tous et à bientôt. Prenez soin de vous !

Hot train

Aller-retour Paris hier… Rendez-vous station Louvre/ Rivoli m’a-t-on indiqué. Soit. Je n’arriverai jamais à me faire à la vie souterraine là-bas. Et pourtant, ce n’était pas les heures de pointe… Chaleur suffocante, moiteur des corps, yeux hagards, silence pesant… la terre a englouti les esprits, il ne reste que des zombies… j’en faisais partie. Les portes se referment, l’enfer commence. Barre humide et fuyante, mèches collées, parfums lourds mélangés qui restent en apesanteur pour mieux s’imprégner dans mes pores, j’ai le cœur qui flanche. Les stations défilent, plus que 5… A chaque ouverture des portes, un air encore plus chaud s’engouffre et continue son méticuleux travail de sape. Un type me dévisage, je crois lire dans ses pensées « doit pas être du coin celle-là ! »… Les touristes étrangers, dans le métro, on les repère, les provinciaux aussi. Pas grave, le ridicule n’a jamais tué personne… je continue d’avoir les yeux rivés sur le panneau qui me promet la délivrance...